DMX – Flesh Of My Flesh Blood Of My Blood

Catégorie(s) Chroniques, Rap US - Par Street Poet Publié le Samedi 1 août 2009 Avec 0 Réactions

Sortie: 22 Décembre 1998
Label: Ruff Ryders/ Def Jam
Producteurs: Swizz Beatz, PK, DJ Shok, Dame Grease, Irv Gotti

Alors que le sombre It’s Dark And Hell Is Hot, premier album d’Earl Simmons a.k.a Dark Man X squatte encore les ondes et les charts, l’annonce de la sortie d’un nouvel album ne manque pas de surprendre. Pourquoi tant de précipitation, surtout que le premier album est un énorme succès et ne semble pas avoir encore atteint tout son potentiel commercial? De plus n’est-ce pas une gageure de sortir deux albums en une seule année? Mystère! Mais qu’importe au fond, X surfe sur la vague du succès avec un premier album multi-platiné. Son retour prématuré dans les bacs ne peut être perçu que comme une bonne nouvelle pour sa fan base qui ne cesse de s’agrandir.

Du côté de la critique, l’heure est plutôt au scepticisme. Des réserves (légitimes au demeurant) concernant la qualité du disque sont émises. Aura t’on droit à des fonds de tiroir? Où alors à un disque enregistré à la va-vite juste pour profiter du buzz du MC du Yonkers? Qu’importe! L’intérêt pour Flesh Of My Flesh, Blood Of My Blood ne cesse de grandir.

Le CD arrive enfin et sa seule pochette suffit à susciter la polémique. DMX y pose en effet recouvert de sang de porc, ce qui ne manque pas de choquer certains esprits mais aussi d’annoncer la couleur sombre de l’album.

Premier constat à la lecture des crédits, Swizz Beatz qui avait déjà éclaboussé l’opus précédent de son talent se taille la part du lion en assurant la majeure partie des productions. De bon augure surtout que PK et Dame Grease sont aux manettes pour les titres restants. L’écoute vient balayer tout doute quant au contenu de l’album. X n’a pas succombé aux sirènes commerciales en vogue à l’époque. L’homme et sa musique demeurent tout autant abrasifs. Textes hardcores, musiques sombres et invités utilisés à contre-emploi (Mary J. Blige sur un Coming From qui n’a absolument rien de mielleux) sont les recettes de cet album qui démarre en fanfare avec un bref My Niggas en intro. Suivent ensuite un impressionnant Bring Your Whole transpirant la rage et Ain’t No Way, première combinaison réussie avec Swizz Beatz. Les premiers invités (non-crédités d’ailleurs) Jadakiss et Styles P de The L.O.X ne débarquent qu’a la cinquième piste et tiennent leur rang sur une prod surprenante d’Irv Gotti. La surprise vient de la présence du métalleux Marilyn Manson qui vient donner une touche encore plus sombre et limite glauque à The Omen, suite du Damien du premier album. Slippin’ single unique de ce projet est magistralement mené par un DJ Shok qui sample pour l’occasion le Moonstream de Grover Washington Jr et constitue un des hauts faits du disque. X crache ses lyrics avec fougue sur ce titre et communique sa rage à l’auditeur. A compter de la piste 11, l’album prend une nouvelle dimension (exception faite de l’excellent Dogs For Life signé par le trop effacé Dame Grease) avec les productions de Swizz Beatz. Les éclairs précédemment entrevus de la fructueuse association entre les deux hommes se confirment. L’alchimie entre X et Swizz est quasi-parfaite, l’un sublimant le travail de l’autre et ce quel que soit le registre. Du sample oriental de No Love For Me au brillant Ready To Meet Him (indubitablement la meilleure de toutes les prières finales qui innervent la discographie du Pitbull du Yonkers) en passant par le plus surprenant Blackout qui invite Hova et The L.O.X., le duo conserve toute son efficacité.

Flesh Of My Flesh, Blood Of My Blood est donc, vous l’auriez compris, la suite logique de It’s Dark And Hell Is Hot . Moins grand public (on aime ou on déteste la direction musicale de cet opus), productions plus sombres (plus expérimentales et moins accessibles aussi), lyrics dans la continuité de l’album précédent, plus grande homogénéité, ce disque est une réussite et a convaincu sans peine les fans de DMX (670.000 exemplaires écoulés dès la première semaine d’exploitation). Le succès sera d’ailleurs au rendez-vous et installera un peu plus X dans la légende en lui permettant de devenir le second rappeur avec 2pac a avoir été deux fois numéro 1 du billboard avec deux albums sortis la même année.

17/20

Tracklist:

1. My Niggas (Skit) [Produced by Swizz Beatz] 2. Bring Your Whole Crew [Produced by P. Killer Trackz] 3. Pac Man (Skit)
4. Ain’t No Way [Produced by Swizz Beatz] 5. We Don’t Give A Fuck (Feat. Jadakiss & Styles P.) [Produced by Irv Gotti & Dat Nigga] 6. Keep Your Shit The Hardest [Produced by Swizz Beatz] 7. Coming From (Feat. Mary J. Blige) [Produced by P. Killer Trackz] 8. It’s All Good [Produced by Swizz Beatz] 9. The Omen (Feat. Marilyn Manson) [Produced by Swizz Beatz] 10. Slippin’ [Produced by DJ Shok] 11. No Love For Me (Feat. Swizz Beatz & Drag’On) [Produced by Swizz Beatz] 12. Dogs For Life [Produced by Dame Grease] 13. Blackout (Feat. Jay-Z & The Lox) [Produced by Swizz Beatz] 14. Flesh Of My Flesh, Blood Of My Blood [Produced by Swizz Beatz] 15. Heat [Produced by Swizz Beatz] 16. Ready To Meet Him [Produced by Swizz Beatz]

It’s All Good Contains a sample of « Heartbeat » (T. Gardner)
The Omen Contains an interpolation of « Damien » (E. Simmons, D. Blackman), as performed by DMX
Slippin’ Contains a sample of « Moonstream » (G. Washington, Jr.), as performed by Grover Washington, Jr.

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About - Journaliste indépendant et chroniqueur musical, Street Poet est le fondateur du forum hip-hop/football On The Corner. Il collabore également à divers sites et webzines et exerce comme correspondant pour quelques magazines d’informations.

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