Le départ de Lassana Diarra pourrait finalement avoir été un mal pour un bien (un peu comme la grave blessure de Cissé en 2006) dans la mesure ou ces deux évènements malheureux ont permis à Ray-Tout-Puissant de changer se plans de jeu. Une initiative salutaire mais qui aurait dû être essayée depuis belle lurette et qui nous aurait au moins épargné quatre ans de matches sans saveur.

Pour en revenir au match et sans céder au triomphalisme qui semble être de rigueur dans la presse web, il y a pas mal de points positifs à retenir. Pour la première fois depuis bien longtemps la France a joué avec un seul milieu défensif et une organisation pour une fois résolument portée vers l’offensive avec cinq éléments redondant de cette vocation. Conformément à ses volontés Franck Ribery a été positionné sur le flanc gauche de l’attaque alors que Yoann Gourcuff héritait d’une position moins avancée. Jamais depuis quatre ans l’EDF n’a autant donné l’impression de maitriser son sujet. Oubliés les matches soporifiques, l’espace d’une soirée au moins l’EDF aura réussi à livrer un jeu attrayant. Certains évoqueront l’éventuelle faiblesse de l’adversaire mais rappelons que cette équipe de France était incapable de livrer une telle performance face à des équipes de niveau encore plus inférieur dans un passé récent. On a eu du jeu, des actions d’éclat et des gestes de grande classe pour une fois. Aucune raison de se plaindre sur ce plan-là. Ribery a été éblouissant dans ce rôle qu’il campe à la perfection depuis trois saisons déjà sous le maillot Bavarois. Quand à Gourcuff il s’est avéré bien moins transparent que lors de ses dernières sorties en bleu, même sentence pour un Toulalan retrouvé. Le côté gauche a en tout cas donné entière satisfaction, même si on pourrait regretter que le jeu y penche trop. Bonnes rentrées également de Squillaci, Diaby et Valbuena qui s’est offert son premier but en bleu.

Tout n’est cependant pas rose. Si l’animation offensive prête à un peu plus d’optimisme, il n’en est pas de même pour la défense qui reste un éternel chantier. La paire Gallas-Abidal manquait clairement de repères et on ne peut pas non plus dire que Sagna fut rassurant. Pas mal de fautes de placement et d’erreurs de marquage sont à signaler et auraient certainement porté préjudice si les attaquants en face s’étaient montrés plus adroits. Le genre d’errements qui ne pardonnent pas face à un ligne d’attaque expérimentée.
Le problème des coups de pied arrêtés reste lui aussi entier tant offensivement que défensivement. Entre le marquage trop souple sur les corners de l’adversaire et ceux expédiés au troisième poteau par Gourcuff on ne peut pas dire que ce soit l’un des points forts de l’EDF. Ce fut un peu mieux sur les coups-francs mais il y a encore du travail à abattre dans cet exercice.
Autre écueil récurrent non évité la question de l’attaquant de pointe. En dépit de sa bonne volonté Anelka n’est pas le joueur le mieux indiqué pour fixer la défense quand on connait sa tendance à toujours décrocher. Henry aurait pu convenir à ce poste s’il était encore celui qu’il fut il y a quelques années. Là il est comme trop souvent ses derniers temps hors du coup. Pas dans le rythme, souvent en retard, pas franchement dangereux, le Barcelonais n’a pas montré grand-chose ce soir. Ajoutons à cela un côté droit toujours aussi peu animé (Govou n’a plus ses jambes de 20 ans) et manquant clairement de percussion (comme d’habitude) et on a fait le tour.

Un bon petit match pour se rassurer surtout. Il y a un peu de mieux chez cette équipe mais on ne pourra vraiment se prononcer qu’une fois la compétition lancée.

 

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