Carottes Intéristes

By on 26 mai 2012

Animateur régulier du marché des transferts depuis plus de vingt ans, l’Inter de Milan aura été l’un des grands clubs à l’effectif le plus changeant du football européen. Motivés tant par les périodes de marasme sportif que pas l’incapacité à conquérir des titres majeurs, les dirigeants nerazzurri se sont souvent laissés aller à une frénésie d’achats, empilant les joueurs avec plus ou moins de réussite. A ce jeu beaucoup de réussites sont à signaler, mais comme pour tout club acheteur, il arrive parfois que l’on se trompe et que l’élément recruté ne parvienne jamais à répondre aux attentes.  C’est sur cet aspect que nous nous attarderons en nous cantonnant aux recrutements de ces vingt dernières années. Sont évoqués ici les joueurs dont on attendait beaucoup ou qui avaient toutes les armes pour faire bonne figure dans ce club mais qui ne sont pas parvenus à confirmer ou ont déçu. Retour sur les principaux ratés en matière de transfert et les plus gros échecs au sein des noir et azur.

Mathias Sammer

Au sortir de saisons pleines avec le VFB Stuttgart (son club de toujours depuis la chute du mur de Berlin), l’intraitable milieu de terrain allemand, à l’image de nombre de ses compatriotes, rallie le championnat Italien en paraphant un contrat à l’Inter de Milan en 1992 juste après un Euro prometteur et un titre de champion d’Allemagne en poche. Malheureusement l’expérience tournera à la purge. Incapable de s’adapter à la vie italienne et à la Serie A, il ne disputera que onze matchs sous la tunique nerazzurra. Bien qu’il aie inscrit quatre buts (ce qui est en soit plus qu’honorable pour un milieu de terrain), ses prestations ne sont pas du niveau de ses saisons précédentes. L’expérience tournera finalement court et il s’en retournera en Allemagne dès le mercato hivernal enfiler la tunique jaune et noire du Borussia Dortmund avec le succès qu’on sait. Pas un véritable échec avec du recul, mais ses quelques mois passés à Milan furent les moins bons de sa brillante carrière.

Darko Pancev

Auréolé d’une réputation de buteur hors-pair confirmée sous les couleurs de l’étoile rouge de Belgrade, club avec lequel il a inscrit 84 buts en 91 matches, et sous le maillot de la sélection Yougoslave (10 réalisations en éliminatoires de l’Euro 1992), l’attaquant macédonien est présenté comme l’un des futurs homme-clés d’un Inter en reconstruction à l’orée de la saison 1992-1993. L’aventure va cependant très vite tourner au vinaigre. Dès les matchs de pré-saison, il est pris en grippe par son entraîneur Osvaldo Bagnoli qui n’apprécie que moyennement son style de jeu et lui reproche un manque d’investissement. Les relations entre les deux hommes resteront extrêmement tendues, et malheureusement pour Darko, le début de saison vient donner raison à Bagnoli. Très vite il se retrouve cantonné au banc, voire à la tribune, et ne signe que quelques apparitions (12 matches et un malheureux but pour sa première saison). Lors de la saison suivante ses relations avec Bagnoli se détériorent encore plus et l’arrivée de Dennis Bergkamp scelle le sort de l’avant-centre macédonien qui ne disputera plus le moindre match de championnat. Même le licenciement de l’entraîneur Italien ne parviendra pas à le relancer, surtout que l’Inter est en pleine déroute. Il sera finalement prêté au VFB Leipzig pour six mois en 1994. De retour à Milan à l’été 1994, il bataillera entre blessures et méformes et ne reviendra jamais à son niveau. Il sera finalement libéré en fin de saison et transféré au Fortuna Düsseldorf à l’été 1995, laissant aux supporters intéristes une image de joueur surcoté et restera dans l’histoire du club comme l’un des plus gros flops. Il faut dire qu’avec 3 buts marqués en 19 matches, il est difficile de penser le contraire.

Dennis Bergkamp

Pisté par tout ce que l’europe du football comptait comme grands clubs, le merveilleux attaquant de l’Ajax semblait prédestiné à rejoindre le FC Barcelone, son compatriote Johan Cruijff en ayant fait sa priorité. Cependant Dennis préfère rallier la Serie A, soucieux de jouer dans le meilleur championnat du monde. A la lutte avec la Juventus, c’est finalement l’Inter qui décrochera la timbale et obtiendra la signature de l’attaquant néerlandais à l’issue de la saison 1992-1993 (avec celle de son coéquipier Wim Jonk en bonus). Un avenir brillant semble se présenter pour le grand blond mais les débuts seront difficiles. Bergkamp enchaine les prestations ternes, peinant à retrouver ses sensations face aux hermétiques défenses transalpines. Mis en concurrence avec Ruben Sosa et Salvatore Schillaci, esseulé dans le jeu (son entraîneur Osvaldo Bagnoli ne trouvera jamais la formule pour l’utiliser au mieux) et malheureux en Italie, il retrouve cependant ses sensations en Coupe de l’UEFA où il inscrit 8 buts en 11 rencontres, participant activement au sacre Intériste dans cette compétition. En championnat il enregistrera le même total de buts en fin de saison en 31 matches disputés. Pas de quoi l’écarter de la liste des 22 Oranje retenus pour la World Cup américaine. De retour à l’Inter, sa deuxième saison ressemble à un long chemin de croix. Il n’inscrira que 5 buts toutes compétions confondues (3 en championnat en 21 matches) et sera pris en grippe par la presse locale qui raille sa prétendue apathie, impression confortée sa timidité naturelle. En 1995 quand Massimo Moratti prend les rênes du club, Bergkamp ne fait plus partie des plans de la maison et est transféré à Arsenal ou après des débuts difficiles il donne la pleine mesure de son talent avant d’exploser totalement l’année suivante à l’arrivée d’Arsène Wenger. La suite on la connait.

Kanu

Pilier offensif de l’Ajax Amsterdam et élément-clé de la sélection olympique nigériane avec laquelle il a remporté la médaille d’or aux Jeux  Olympiques d’Atlanta en 1996 (après un tournoi de très haut niveau), Nwankwo Kanu se laisse convaincre par le challenge intériste et rejoint une formation nerazzurra bâtie à coups de millions. C’est alors que survient le drame. Kanu est recalé à la visite médicale. Une insuffisance vasculaire à l’aorte a été détectée et sa carrière se retrouve mise en péril. Seule solution une opération à cœur ouvert plus que risquée à l’époque. Heureusement tout se passe bien et Kanu peut reprendre le chemin des entrainements après une année complète d’inactivité. Malheureusement pour lui cette trop longue absence ne lui a pas profité. Il peine à retrouver ses sensations et l’équipe qui s’est encore renforcée en attaque avec l’arrivée de Ronaldo a appris à se passer de lui. Lors de la saison 1997-1998, il devra se contenter de bouts de matches et ne signe que 11 apparitions en Série A pour un but inscrit. Cependant il conserve la confiance de son sélectionneur et est retenu pour la coupe du monde 1998 au cours de laquelle il montrera qu’il faut encore compter avec lui. Le retour en club ne sera pourtant pas à la hauteur de ses espérances. Totalement éclipsé par la superstar Ronaldo, il jouera en tout et pour tout un seul match en championnat lors des six premiers mois de la saison 1998-1999. Il demandera donc logiquement à partir et rejoindra Arsenal en janvier 1999 où il relancera totalement sa carrière, devenant même un élément majeur du dispositif Wenger.

Adrian Mutu

Si de la carrière mouvementée de l’attaquant roumain beaucoup ont surtout retenu ses échecs à Chelsea et à la Juventus, c’est pourtant avec son premier club italien que la série a démarré. Repéré lors de la saison 1999-2000 au Dinamo Bucuresti avec lequel il avait des statistiques hallucinantes (22 buts en 33 rencontres), les Nerazzurri font venir Mutu en Italie lors du mercato hivernal pour renforcer une ligne offensive orpheline de Ronaldo. Cependant il peinera à s’imposer, la faute à une concurrence féroce (Vieri, Roberto Baggio, Zamorano et Recoba) mais aussi au quota de joueurs extracommunautaires  qui sera un frein à son utilisation. Malgré des débuts prometteurs en Coppa Italia (il marquera dès sa première apparition dans un énième derby milanais), il ne parviendra pas à trouver le chemin des filets en championnat. Bilan des courses dix matches de Serie A et aucun but inscrit. Il sera transféré dès la fin de saison au Hellas Verona ou après une première saison délicate il rebondira, faisant parler ses qualités de finisseur qui le conduiront à Parme puis à Chelsea.

Cyril Domoraud

Sous le maillot de l’Olympique de Marseille la paire Laurent Blanc-Cyril Domoraud s’était imposée comme l’une des plus sûres des grands championnats européens.C’est donc logiquement qu’on s’imaginait que les deux compères feraient le bonheur d’écuries plus cotées. Bradés par Marseille sans qu’on ne sache trop le pourquoi d’une indemnité de transfert aussi dérisoire, le duo atterri donc chez les Nerazzurri, heureux de leur bonne affaire à l’orée de la saison 1999-2000. Si Blanc s’impose très rapidement, il n’en est pas de même pour Domoraud avec qui il est pourtant associé lors de ses quelques apparitions du début de saison. Le défenseur ivoirien est à la peine et sort très rapidement de l’équipe ne totalisant que six matches (dont cinq disputés dans les trois premiers mois de la saison). Confiné au banc de touche mais le plus souvent en tribune, Domoraud sera finalement prêté à Bastia lors de la saison suivante. S’il retrouve du temps de jeu, il ne convaincra pas plus son employeur de lui donner une seconde chance. De retour à l’Inter, il est au centre d’un échange de joueurs avec le Milan AC qui s’avèrera être l’un des plus foireux de l’histoire des transferts italiens. L’Inter cède trois de ses indésirables, au nombre desquels Domoraud, Andrea Pirlo et Christian Brocchi contre trois joueurs rossoneri: Andrés Guglielminpietro, Dražen Brnčić, Thomas Helveg. Domoraud sera immédiatement envoyé en prêt à l’AS Monaco pour la saison 2001-2002 avant d’être transféré à l’Espanyol Barcelone à l’intersaison.

Clarence Seedorf

A la recherche de nouveaux défis après des saisons pleines au Real Madrid (en dépit d’une dernière saison délicate), Clarence Seedorf décide de revenir dans la championnat italien (il avait déjà évolué une saison à la Sampdoria) en endossant la tunique nerazzurra à l’intersaison 1999. Si l’idée était très loin d’être mauvaise, les choses se passeront différemment dans les faits. Au milieu de Jugovic, Paulo Sousa, Francesco Moriero, Luigi Di Biagio et Benoit Cauet, le néerlandais a du mal à trouver ses marques devenant vite l’ombre de lui-même. Bien qu’assez régulièrement aligné il n’est pas aussi convaincant qu’avec le Real et ne laissera finalement que le souvenir d’un joueur peu sur de ses moyens, écrasé par le contexte intériste et les trop grandes attentes d’un public et d’une direction trop longtemps sevrés de titres. Déçu pas ses prestations son club ne le retient pas en 2002 et l’échange avec le Rossonero Francesco Coco. Métamorphosé sous la tunique rouge et noire, il est depuis redevenu un joueur majeur et est régulièrement cité parmi les meilleurs milieux de terrain en activité. Le Seedorf intériste aura été le pire de toute sa brillante carrière.

Robbie Keane

Auteur de 12 buts en 31 matchs de Premier League sous le maillot de Coventry City, l’attaquant irlandais tape dans l’œil de Marcelo Lippi alors coach de l’Inter qui se met en tête de l’enrôler dans son équipe aux fins de servir d’alternative à Ronaldo et Vieri blessés. Un choix assez surprenant mais qui répondait d’une volonté des dirigeants Nerazzurri de recruter de jeunes joueurs prometteurs, quitte à investir 13 millions de livres sur l’irlandais. Malheureusement Robbie Keane ne sera pas mis dans les meilleures dispositions. Lippi cède sa place à Marco Tardelli qui ne compte pas vraiment sur lui, préférant aligner Alvaro Recoba et le vieillissant Ivan Zamorano. Finalement Keane ne foulera les pelouses de Serie A qu’à six reprises et ne trouvera jamais le chemin des filets. Après seulement six mois il sera envoyé en prêt à Leeds où il retrouvera très vite ses sensations. Assez pour être définitivement transféré dès la fin de saison.

Javier Farinos

Pilier de la fringante équipe de Valencia CF à la fin du siècle précédent, le prometteur Francisco Javier Farinos semble promis à un bel avenir. Aux lendemains d’une finale de Ligue des Champions perdue en 2000, il s’engagera avec les Nerazzurri à l’intersaison. Là le jeune international éprouvera énormément de difficultés à s’imposer dans un milieu de terrain où d’années en années règne une concurrence de plus en plus féroce. Souvent blessé et peu en confiance, il ne gagnera jamais une place de titulaire indiscutable malgré ses efforts. En 2003 il sera finalement prêté à Villarreal où il reviendra à un niveau appréciable, disputant 22 matches de Liga. De retour à Milan lors de l’exercice suivant, il retombera cependant dans ses travers et ne brillera pas plus que lors de ses saisons précédentes en bleu et noir. Finalement il retournera en Espagne, prêté par l’Inter à Mallorca pour la durée de la saison 2004-2005. Sans être particulièrement brillant (il était loin de son niveau sous la tunique valencianne) il convaincra tout de même les dirigeants du club des Baléares de le conserver définitivement. La saison suivante sera cependant plus que délicate. Il ne disputera que 17 rencontres. En fin de saison, il décidera de rejoindre Hercules Alicante en deuxième division espagnole. Un choix qui aura pour conséquence d’enterrer sa carrière. Dans l’anonymat le plus total, il fera ses matches et finira par retrouver l’élite lors de la saison 2010-2011. Relégué à la fin de l’exercice, il s’est engagé avec Levante, équipe surprise du début de saison.

Vampeta

Pilier des Corinthians et élément majeur de la Seleçao, le milieu brésilien est engagé par l’Inter en 2000 aux fins d’apporter sa touche technique. L’aventure tournera cependant court. Il ne restera qu’une demi-saison à Milan, incapable de gagner sa place et de s’intégrer. Il jouera en tout et pour tout un match et exprimera très vite son envie d’ailleurs. Il fera plus parler de lui pour ses écarts de conduite et son manque d’implication. Finalement il servira de monnaie d’échange pour conclure le transfert de Stéphane Dalmat et sera envoyé au Paris Saint-Germain où il s’en ira grossir la liste des transferts les plus calamiteux. Finalement il entrera une fois de plus dans la transaction menée par l’Inter et le PSG pour recruter Adriano et Reinaldo. Il sera échangé contre les deux joueurs et rejoindra Flamengo où il retrouvera sa place en sélection. Remplaçant, il remportera tout de même la coupe du monde 2002 avec le Brésil.

Stéphane Dalmat

A l’aube de la saison 2001-2002, Stéphane Dalmat est transféré à l’Inter en dépit d’un exercice précédent plutôt timide pour un garçon que tous promettaient à un grand avenir. Certains observateurs se sont sans doute dit qu’évoluer dans un grand club pourrait l’aider à prendre une dimension supérieure. Ce ne sera malheureusement pas le cas. A l’Inter la concurrence est rude et le milieu français reste confiné à un statut de joueur de complément. Rarement titulaire Dalmat joue peu et n’arrive pas à trouver la régularité qui lui avait déjà fait défaut sous le maillot parisien. Résultat ce passage à l’Inter s’apparentera à une longue traversée du désert. Il fera finalement l’objet de deux prêts: un premier à Tottenham en 2003 puis à Toulouse l’année suivante où une blessure gâchera sa saison. Finalement il sera transféré au Racing Santader avant de revenir en France à Bordeaux en 2006. Il ne retrouvera cependant jamais le niveau de ses premières années. Il aura tout de même porté 48 fois le maillot intériste pour 3 buts.

Carlos Gamarra

Désireux d’apporter plus d’expérience et de solidité à sa défense, l’Inter débauche l’excellent Carlos Alberto Gamarra de l’AEK Athènes. Le défenseur paraguayen n’est certes plus tout jeune, mais il sort d’un excellente saison avec le club grec et d’une coupe du monde 2002 plus que convaincante où il aura de nouveau brillé. L’idéal pour renforcer un secteur qui bien que pourvu en talents (Fabio Cannavaro, Ivan Cordoba, Materazzi ou encore Adani) semblait quelque peu fébrile. La concurrence aura malheureusement raison des ambitions de Gamarra. Si lors de sa première saison il apparait assez régulièrement (14 matches), son temps de jeu va s’amenuiser lors des exercices suivants. Aligné seulement dix fois en 2003-2004, il disparaitra totalement des petits papiers de son entraîneur en 2004-2005. Il passe alors du statut de joueur confiné au banc à élément en tribune. On ne lui fera appel que trois fois de toute la saison. Finalement il n’aura disputé que 27 matches en trois années sous la tunique nerazzurra et s’en ira à Palmeiras au Brésil en 2005. Il y retrouvera toutes ses sensations et sera même nommé dans l’équipe-type de l’année 2005 du championnat brésilien. Intronisé capitaine de la sélection paraguayenne, il mènera ses troupes lors de la coupe du monde 2006 avant de prendre sa retraite.

Jérémie Bréchet

Auréolé de deux titres de champions obtenus sous le maillot de l’OL, ce pur produit de la formation lyonnaise se laisse convaincre de donner de l’allant à sa carrière avec le secret espoir de s’imposer en sélection (il n’avait plus été appelé depuis la coupe des confédérations de 2001) et s’engage avec l’Inter à l’intersaison 2003. Ce qui à 24 ans était loin d’être une mauvaise idée. Les débuts de cet arrière gauche de talent sous la tunique nerazzurra seront d’ailleurs assez réussis. Il bénéficie de la confiance de son entraineur Hector Cuper et son avenir semble bien parti pour être radieux. Malheureusement les résultats ne suivent pas, le club ne remporte qu’un seul de ses six premiers matchs de championnats, concédant notamment une défaite lors du derby. Conséquence Cuper est débarqué et remplacé par Corrado Verdelli qui sort le français de l’équipe. La situation va s’empirer avec l’intronisation d’Alberto Zaccheroni qui lui spécifiera clairement ne pas compter sur lui. De plus, Bréchet contracte une blessure et se retrouve éloigné des terrains une bonne partie de la saison. Au final il ne fera que quelques apparitions supplémentaires au cours de la saison (trois rencontres). L’aventure intériste s’arrêtera après seulement neuf matchs de championnat disputés et il entreprendra de se relancer en acceptant d’être prêté à la Real Sociedad (alors dirigée par Raynald Denoueix) lors de la saison suivante. Là encore ses soucis physiques nuiront à son intégration et il regagnera finalement la France en 2006 en s’engageant avec le FC Sochaux, club où il évolue encore aujourd’hui après un intermède d’une saison au PSV Eindhoven.

Fabio Grosso

Héros de la coupe du monde 2006 (c’est lui qui inscrit le dernier pénalty qui offre à l’Italie sa quatrième couronne) où il aura impressionné plus d’un, confirmant ainsi sa saison pleine avec Palermo, Grosso est recruté par l’Inter pour occuper le flanc gauche de la défense, orphelin de joueur de talent sachant contre-attaquer. Sur le papier le profil du natif de Rome correspond parfaitement à la volonté affichée mais dans les faits la greffe ne prendra jamais vraiment. Bien qu’il aie disputé 23 rencontres (2 buts inscrits) avec les Nerazzurri, sa saison aura été décevante. Trop timoré et incapable de retrouver le niveau affiché lors des années précédentes, il devra ses apparitions régulières surtout au fait que ce secteur de jeu comptait peu de titulaires potentiels. Finalement son entraineur Roberto Mancini lui préfèrera le brésilien Maxwell (alors très peu connu) et Grosso finira la saison dans la peau d’un remplaçant. L’aventure tournera court et il sera transféré à l’Olympique Lyonnais à l’intersaison.

Ricardo Quaresma

Lorsque, à l’orée de la saison 2008-2009, l’Inter récupère dans son effectif le très courtisé Ricardo Quaresma, personne ne peut s’imaginer que El Gitan ne puisse pas s’imposer. Il faut dire qu’il reste sur quatre saisons monstrueuses avec le FC Porto et il est alors l’un des meilleurs joueurs mondiaux à son poste. Cependant son intégration ne sera pas aisée. Malgré des débuts prometteurs, il se heurte vite à son entraineur José Mourinho qui lui reproche son manque d’implication. Malheureusement pour l’ailier portugais, les faits donnent raison à Mourinho. Incapable de trouver la bonne carburation, il enchaîne les prestations sans éclat chaque fois qu’il est amené à s’exprimer, ce qui fait désordre quand on a été recruté pour plus de 18 millions d’euros et qu’on traine une réputation de crack. Il sera pris en grippe par la presse et sera désigné Bidon d’or 2008, trophée humoristique visant à récompenser le pire footballeur de l’année. Il fera tout de même 19 apparitions (13 en championnat) lors de l’exercice 2008-2009. Ses relations avec Mourinho resteront exécrables et il sera par la suite prêté à Chelsea lors du mercato suivant. Il n’y brillera pas plus et reviendra à l’Inter pour la saison 2009-2010. Incapable de retrouver son niveau de jeu passé, il fera quelques brèves apparitions dans l’équipe mais la signature de Goran Pandev lors du mercato scelle définitivement son sort. Indésirable et moqué, il signera en Turquie, à Besiktas JK pour essayer de se relancer.

Alessandro Mancini

Courtisé de nombreuses années durant par l’Inter (Roberto Mancini le désirait absolument), c’est finalement lorsque José Mourinho prend les rênes des Nerazzurri en 2008 que Alessandro Mancini s’engage avec la formation milanaise. Le coach portugais entend profiter de ses qualités de percussions pour donner du peps à sa ligne offensive, mais l’ailier brésilien, à l’image de son coéquipier Quaresma ne donnera pas satisfaction. Comme ce dernier il ne parviendra jamais à faire son trou dans l’équipe et se retrouvera vite cantonné au rôle de doublure-lumière. Il terminera sa première saison avec une vingtaine d’apparitions en Serie A pour seulement 852 minutes disputées. Sa deuxième saison sera encore pire. Ectoplasmique, il n’est plus que l’ombre du brillant ailier qu’il fut avec la Roma et fera les frais du renouvellement partiel de l’effectif en 2009. Confiné au banc il ne foulera les pelouses que sept fois toutes compétitions confondues ne jouant que 170 malheureuses minutes en championnat. Il sera alors envoyé en prêt au Milan AC lors du mercato 2010. S’il n’y jouera pas plus (sept apparitions en une demi-saison), il fera surtout parler de lui par la suite pour une sombre affaire de viol qui précipitera son départ d’Italie. Reconnu coupable d’agression sexuelle il a été condamné à deux ans et huit mois de prison en novembre 2011. Il est cependant toujours sous contrat à l’Atletico Mineiro, club qu’il a rejoint début 2011.

Marko Arnautovic

A l’intersaison 2009, l’Inter est sur les rangs pour recruter le prometteur attaquant autrichien Arnautovic, annoncé comme un futur grand. L’affaire est cependant à deux doigts de capoter à cause d’une fracture de stress du joueur mais finalement il sera prêté au club nerazzurro avec une option d’achat. A peine arrivé, il fait bonne impression en amical mais peine à se fondre dans le moule. Il faut dire qu’il traîne des soucis comportementaux depuis toujours, ce qui a le don d’agacer José Mourinho qui du coup ne lui accorde pas sa confiance. Pour ne rien arranger la concurrence en attaque est plus que rude (Eto’o, Diego Milito, Balotelli puis Pandev) et Arnautovic devient la cinquième roue du carrosse. Au total il ne fera que trois apparitions, ne jouant jamais un match complet (72 minutes de disputées au total sous le maillot intériste) et fera plus parler pour ses écarts de conduite que pour le football. Résultat il ne sera logiquement pas conservé en fin de saison et rejoindra le Werder Brême.

About Street Poet

Journaliste indépendant et chroniqueur musical, Street Poet est le fondateur du forum hip-hop/football On The Corner. Il collabore également à divers sites et webzines et exerce comme correspondant pour quelques magazines d’informations.

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