Et c’est parti! La grand-messe du football européen a finalement ouvert ses portes hier à Varsovie. Jusqu’au 1er juillet seize sélections s’affronteront pour déterminer le futur roi du continent pour quatre ans. Bien sur je ne pouvais occulter cet évènement et je me propose de revenir chaque jour sur les faits marquants de cet EURO 2012. On commence donc cette série de billets par le premier groupe. Présentée comme la plus faible mais très ouverte et équilibrée  (seule la Russie semble au-dessus), cette poule A a réussi à nous enthousiasmer dès sa première journée avec deux matches riches en buts, en actions mais également porteurs de premières polémiques. Retour sur cette première journée d’EURO.

La fête gâchée

Pour le match d’ouverture de cet EURO, c’est l’un des deux organisateurs, la Pologne en l’occurrence, qui se charge d’ouvrir les hostilités face à une sélection grecque qui fait désormais partie des meubles en championnat d’Europe des nations (trois qualifications en trois éditions). Avec une nation relativement inexpérimentée et une autre réputée pour pratiquer un football peu attrayant (la Grèce marque très peu) on pouvait craindre que cette rencontre d’ouverture soit inintéressante. Et pourtant les premières minutes viennent nous rassurer. Sur-motivée et portée par la ferveur populaire la Pologne prend d’entrée les devants et martyrise une Grèce plutôt apathique, s’appliquant comme toujours à bien défendre. Les Polonais dominent et régalent leur public par un jeu léché en dépit de quelques approximations. Les Grecs semblent submergés et repoussent l’échéance comme ils peuvent. Finalement la Pologne mettra moins de vingt minutes à faire sauter le verrou. Le buteur du Borussia Dortmund, Robert Lewandowski trouve la faille dès la 17e minute sur une belle tête piquée. On se dit alors que la Grèce va prendre le bouillon surtout qu’elle peine à se créer des occasions. C’est alors que va intervenir un facteur qui viendra bouleverser le court de la rencontre; les erreurs d’arbitrage. Avec l’apport de deux arbitres de surface, à l’image de ce à quoi on a eu droit en Champions League, il était légitime d’espérer que les décisions litigieuses soient moins nombreuses. Et pourtant ce premier match ne viendra pas rassurer les détracteurs de cette reforme. Velasco Carballo fausse le match en expulsant prématurément Sokratis Papastathopoulos pour deux cartons jaunes dont un second délivré sur une faute inexistante. Dans la minute suivante il ferme cependant les yeux sur une mains de Damien Perquis dans la surface. Assez pour révolter les Hellènes et faire naitre un sentiment d’injustice qui sublimera l’équipe au retour des vestiaires.

En deuxième période en effet, la Grèce revient avec le couteau entre les dents et prend l’ascendant sur des Polonais timorés. Les Grecs mettent la pression et poussent leurs adversaires à l’erreur. Résultat une égalisation plutôt chanceuse mais totalement mérité à la 51e minute, Salpingidis reprenant victorieusement un ballon relâché par Szczesny. Le gardien d’Arsenal sera de nouveau au centre d’une action litigieuse. Sur une offensive menée par des Grecs euphoriques, il se rend coupable d’une faute dans la surface sur le même Salpingidis qui filait au but. Conséquence il est expulsé à son tour, mais heureusement son remplaçant Tyton parvient à détourner sans grande peine le pénalty de Karagounis. Par la suite le reste de la rencontre se résumera aux offensives Hellènes, la Pologne s’étant totalement éteinte dans cette mi-temps. Elle frise même la correctionnelle sur un deuxième but marqué par Samaras mais refusé pour un hors-jeu peu évident. Au final un nul (1-1) assez heureux pour le pays organisateur. La Grèce par contre peu se sentir flouée par un arbitrage pas à la hauteur de l’évènement.

La ballade russe

Dans le deuxième match du groupe, la Russie, favori déclaré de la poule a affronté une République Tchèque qui n’a jamais semblé aussi peu sure d’elle. Bien qu’elle puisse compter sur quelques stars sur le retour (Baros, Rosicky, Plasil) et un gardien de qualité, Petr Cech, difficile de s’imaginer que la Representaze puisse jouer les premiers rôles dans cet EURO. Et le moins que l’on puisse dire est que la logique a été respectée. Malgré un début de match prometteur, les Tchèques inefficaces se font surprendre par Alan Dzagoev dès la 15e minute de jeu. Ce dernier hérite d’un ballon renvoyé par le poteau suite à une occasion de Kerzhakov pour punir la défense Tchèque. La Representaze ne s’en remettra pas et prendra un deuxième but dès le deuxième tir cadré Russe. Roman Shirokov fait la différence et offre le but du break à sa sélection. Profitant par la suite des largesses défensives Tchèques, la Russie dominera de bout en bout avec à la baguette un Arshavin des grands soirs. Malheureusement on ne peut en dire autant d’un Kerzhakov roi de la vendange (pas moins de sept occasions franches et aucun tir cadré).

Si en début de deuxième mi-tempsVaclav Pilar réduit la marque à la faveur d’une passe lumineuse du bordelais Plasil, il en faut plus pour faire douter des Russes en confiance maitrisant totalement leur sujet. Shirokov s’offre le doublé à la 79e minute avant que Roman Pavlyuchenko vienne conclure la marque sur une merveilleuse action individuelle qui restera certainement dans les annales de l’EURO. Totalement surclassés, les Tchèques devront vite se remettre de ce naufrage collectif pour reprendre leur destin en main. Ce qui face à une Grèce toujours aussi solide défensivement est loin d’être aisé. La Russie quant à elle a marqué les esprits et risque de n’avoir aucun mal à venir à bout d’une Pologne encore trop tendre.

 

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