Acte II du groupe de la mort. La première journée avait vu l’Allemagne prendre une option sur la qualification en s’imposant face au Portugal alors que le Danemark assumait son statut d’outsider en venant à bout des Pays-Bas à la surprise générale. En cas de nouvelle contre performance des Lusitaniens et de victoire face aux Bataves, les Allemands pouvaient valider leur billet et préparer sereinement leurs quarts.

Et Varela délivra le Portugal

En situation défavorable du fait de sa défaite en ouverture de rideau, le Portugal se devait de s’imposer face aux accrocheurs Danois pour espérer encore figurer au deuxième tour. Loin du débat sur le poste d’avant-centre qui a passionné l’opinion publique portugaise ces derniers jours, Paulo Bento a pris la résolution de confirmer le critiqué Helder Postiga en pointe, reconduisant quasiment le même onze de départ que lors du premier match. Les Danois n’ont pas fait non plus de grands changements, conservant la même base que lors de leur premier match. Le début de rencontre est assez accroché mais les Portugais finissent par prendre l’ascendant malgré un Cristiano Ronaldo maladroit. Ne parvenant pas à faire la différence dans le jeu, les Lusitaniens s’en sont remis aux coups de pieds arrêtés pour inquiéter Stephan Andersen le portier Danois. Pepe en coupant de la tête un ballon au premier poteau donne assez logiquement l’avantage aux siens dès la 24e minute de jeu. Les Lusitaniens continueront d’accélérer pour aggraver la marque et y parviendront grâce à une reprise magistrale de Helder Postiga, reprenant un centre parfait de Nani. On se dit alors que le match est plié mais face à une équipe qu’elle a déjà affronter en éliminatoires, la Danish Dynamite sait où appuyer pour revenir dans la partie. Krohn-Dehli est toujours aussi inspiré et c’est lui qui fait la différence en offrant une balle de but à Nicklas Bendtner qui réduit la marque en fin de première mi-temps.

Revigorés par cette réduction du score, les Danois puisent dans leurs ressources mentales et se montrent encore plus incisifs en deuxième période. Le Portugal tient tête et bénéficie de plusieurs occasions de reprendre l’avantage. Elles seront malheureusement gâchées par l’abnégation de la défense scandinave mais surtout par un Cristiano Ronaldo maladroit comme jamais. Le stratège du Real de Madrid a tout simplement livré un match indigne de son rang, ne réussissant pratiquement rien et vendangeant deux balles de but. La dernière à la 78e minute est plus marquante. Il rate le cadre de deux bons mètres dans son face-à-face avec Andersen et s’attire les foudres des spectateurs qui le chambrent en criant le nom de Messi. Un raté lourd de conséquences vu que deux minutes plus tard le Danemark égalise sur une superbe tête de Bendtner qui s’offre le doublé. A ce moment précis le Portugal est quasiment éliminé. Cependant la Selecçao a de la ressource et peut compter sur son nouvel entrant Silvestre Varela pour titiller la solide défense danoise. C’est d’ailleurs lui en toute fin de rencontre qui sauve son pays en inscrivant le but victorieux suite à un autre loupé estampillé CR7. Le Portugal s’impose 3-2 et garde encore une chance de se qualifier. La rencontre contre les Pays-Bas aura des allures de finale. De son côté le Danemark fait une mauvaise opération mais reste lui aussi en course. Au vu de ce que cette équipe a montré il serait dommage qu’elle ne sorte pas de cette poule mais ainsi va le football.

Les Pays-Bas dans la tourmente

Il y avait comme un parfum de finale au moment d’aborder le très attendu deuxième match du groupe mettant aux prises deux favoris déclarés à la victoire finale. Un sentiment renforcé par la mauvaise passe de la sélection néerlandaise, défaite dès son premier match et qui du coup se retrouve obligée de battre un adversaire qui avait disposé de lui en amical en novembre 2011 (0-3). Pour cette affiche Bert Van Marwijk fait un choix fort en reconduisant sa ligne offensive. Huntelaar et Van der Vaart sont donc de nouveau sur le banc. Seul retouche, la titularisation de Joris Mathijsen en défense centrale, remis de la blessure qui lui avait fait rater le premier match. En face Löw aligne le même onze que contre le Portugal. Les Pays-bas essaient de prendre rapidement le match en main en menant les premières offensives mais sans parvenir à inquiéter une Nationalmannschaft qui démontre une fois de plus qu’elle est une merveilleuse équipe de tournoi. Les Allemands mettent leur adversaire sous l’éteignoir et se mettent à développer un jeu à la fois précis et solide, ne laissant quasiment aucune faiblesse dans tous les compartiments du jeu. Les Bataves se démènent comme ils peuvent mais ne parviennent pas à se montrer dangereux. De plus bien qu’ayant récupéré leur arrière-garde titulaire, ils se montrent plus que fébriles dans ce secteur. Les Pays-Bas perdent aussi la bataille du milieu, incapables de contenir un Schweinsteiger retrouvé. Le milieu Bavarois va d’ailleurs s’illustrer en offrant le premier but à Mario Gomez d’une passe d’une clairvoyance rare. Le buteur du Bayern élimine la défense d’une roulette avant de battre Stekelenburg. Les Oranje essaient de réagir sans succès et se font même punir à la 38e minute. On prend les mêmes et on recommence. Schweinsteiger pour Gomez et la Nationalmannschaft fait le break.

En deuxième période, Van Marwijk lance tour à tour Huntelaar et Van der Vaart sans grand succès. Parfaitement muselés par le milieu et la défense allemande ils ne parviendront pas non plus à se montrer dangereux. Les Allemands eux gèrent tranquillement la rencontre, martyrisant la fébrile défense Batave mais pêchant dans le geste final. Özil manquera plusieurs occasions d’aggraver la marque. C’est finalement grâce à un exploit individuel de Van Persie que les néerlandais reviendront dans la partie. Il trompe Neuer d’une puissante frappe du droit et les Pays-Bas se remettent à y croire. Illusion vite déçue, les Allemands font toujours bonne garde et ne se laissent pas désorienter. Incapable d’emballer la rencontre les Oranje trembleront jusqu’au bout sous la pression mise par leurs adversaires en contres. Dépassés dans tous les secteurs du jeu par une sélection germanique volontaire,  parfaitement organisée et disons-le plus talentueuse sur ce match, les hommes de Van Marwijk s’inclinent logiquement et sont désormais à deux doigts de l’élimination. Il faudrait un véritable miracle pour que les Pays-Bas soient au deuxième tour de cette coupe peu clémente avec les vice-champions du monde (depuis la RFA en 1988, aucun des vice-champions du monde en titre n’a réussi à passer le premier tour de l’EURO). La Nationalmannschaft par contre n’est toujours pas officiellement qualifiée (il lui manque un point) mais on ne voit vraiment pas comment elle pourrait ne pas sortir de cette poule vu la maîtrise affichée dans ses deux matches. La dernière journée s’annonce de toute façon bouillante avec quatre sélections pouvant encore se qualifier, la moins bien embarquée étant les Pays-Bas. Un nul pourrait suffire au bonheur des Portugais et des Danois.

 

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