Groupe D 3e journée, rire jaune

By on 19 juin 2012

Ultime journée de cette phase de poules, cette troisième levée du groupe D aura finalement été un peu moins indécise que celles des trois autres poules. Les jeux étaient déjà partiellement faits avec une Suède éliminée depuis son deuxième match et une France en ballottage nettement favorable. Seul véritable suspense le sort de l’Ukraine qui pouvait encore se qualifier pour le second tour face à une Angleterre qui récupérait Wayne Rooney après deux matches de suspension. La soirée fut cependant bien plus animée qu’on aurait pu le penser.

Face à un adversaire qui n’avait plus rien à espérer, Laurent Blanc a pris le parti de modifier légèrement son onze de départ. Cabaye légèrement touché lors de la rencontre précédente est laissé au repos. Un choix qui a profité à Yann M’Vila  titularisé aux côtés d’Alou Diarra dans l’entrejeu. La ligne offensive enregistre l’apparition de Ben Arfa, aligné d’entrée aux côtés de Nasri, Ribery et Benzema. Pour le reste la formation est inchangée. La Suède elle aligne la meilleure équipe possible avec Toivonen en attaque en remplacement de Elmander indisponible et toujours Zlatan Ibrahimovic. C’est d’ailleurs la sélection scandinave qui débutera le mieux la rencontre. Bien en place et en jambes au détriment de Bleus qui semblaient hors du coup, les Suédois font mieux que résister. La France s’évertue à prendre le match à son compte mais à l’image de la prestation espagnole de la veille, elle se contente de tenir le ballon sans pour autant se montrer dangereuse. Benzema décrochant sans arrêt, les Bleus manquent de présence dans la surface et partant de profondeur dans le jeu, se rabattant sur des frappes lointaines pour espérer inquiéter Isaksson. Pour ne rien arranger la défense elle est aussi fébrile que d’habitude. La paire RamiMéxès n’est pas du tout rassurante et les latéraux ne fournissent pas non plus énormément de garanties défensives. Les récupérateurs font ce qu’ils peuvent mais l’apathie générale de l’équipe met l’adversaire en confiance et ce dernier se met à y croire.

En deuxième mi-temps l’entrée en jeu de Christian Wilhelmsson va s’avérer déterminante. Avec lui la ligne offensive Suédoise gagne en mordant et prend le dessus sur une défense française aux abois. C’est tout logiquement que la formation scandinave ouvre le score sur un but venu d’ailleurs de l’inévitable Zlatan Ibrahimovic. Une volée de toute beauté qui concrétise la domination Suédoise. Ce but ne suffira cependant pas à sonner la révolte chez les Français qui manquent de prendre d’autres buts dès les minutes suivantes. Seul élément à tenir son rang dans l’arrière-garde tricolore, Hugo Lloris doit s’employer trois fois de suite pour sauver son équipe, et ce en seulement quatre minutes. Une fois l’orage passé, les Bleus essaient de se remettre dans le sens de la marche sans grand succès. En dehors d’un Ribery qui aura fait son possible pour que l’équipe revienne à la marque, ses coéquipiers ont semblé à court d’énergie, d’imagination et peut-être de motivation. Entre une défense qui prenait l’eau (il n’est pas abusé de parler de naufrage), un milieu obligé de lui prêter main-forte et une attaque incapable de se montrer décisive (de se montrer même tout court) dans la surface il ne fallait pas espérer grand-chose. La rentrée de Giroud a apporté un mieux et a même failli être décisive, mais à ce stade, seule l’efficacité prime. En fin de match la Suède accélère et double la mise dans les arrêts de jeu. Lloris livré à lui-même ne peut rien sur la frappe Sebastian Larsson. En dépit de cette contre-performance, la France se qualifie tout de même à la faveur de la victoire de l’Angleterre sur l’Ukraine. Elle aurait cependant dû se faire éliminer si l’arbitrage de cette autre rencontre avait été meilleur. Ce qui au vu de cette rencontre n’aurait pas été un scandale. Les Suédois eux quittent le tournoi sur une très belle prestation et un match plus qu’abouti. de quoi faire naître des regrets parce que pour ce qu’elle a montré dans ce tournoi, cette formation à l’image de la Croatie et du Danemark avait largement sa place au deuxième tour.

Dans la deuxième rencontre, Anglais et Ukrainiens s’affrontaient pour une place au soleil. Rooney effectuait son retour dans le onze britannique face à un adversaire sous pression obligé de se passer de Shevchenko diminué au coup d’envoi. Tétanisée par l’enjeu l’Ukraine ne parvient malheureusement pas à se lâcher. L’Angleterre elle non plus ne se montre pas plus brillante. On a droit à de nombreuses approximations et une première période bien triste. A la reprise Wayne Rooney ouvrira la marque sur une tête opportuniste à bout pourtant consécutive à une erreur défensive Ukrainienne. Suffisant pour rendre le sourire à une équipe peu enthousiasmante et réveiller quelque peu un pays hôte trop timoré. L’Ukraine reviendra au score par l’intermédiaire de Devic, mais l’arbitre estimera que le ballon repoussé par John Terry n’a pas franchi la ligne de but alors que l’action a eu lieu sous les yeux de l’arbitre de surface. Une erreur de jugement qui apportera de l’eau au moulin des partisans de la vidéo et des détracteurs de l’arbitrage à cinq. Petite cause grands effets, l’Ukraine quitte la compétition avec le sentiment d’avoir été flouée. Une issue qui finalement fait les affaires de la France qui se serait vu renvoyée chez elle si ce but avait été validé. Les Anglais eux peuvent exulter. Mal en point en préparation et pas franchement attendus dans cette poule, ils s’offrent la première place et un jour de récupération supplémentaire, évitant au passage l’Espagne en quarts. Tout se sera donc joué à rien dans ce groupe où le jaune fut couleur de malchance.

About Street Poet

Journaliste indépendant et chroniqueur musical, Street Poet est le fondateur du forum hip-hop/football On The Corner. Il collabore également à divers sites et webzines et exerce comme correspondant pour quelques magazines d’informations.

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