Publié le: mer, fév 3rd, 2010

Pejmaxx – Porte Parole

Le 25 février 2008 a vu la sortie du premier album d’un mc originaire du 94, plus précisément de Créteil, Pejmaxx. Pej-quoi ? Pejmaxx ! Un rappeur qui c’est fait connaître, notamment grâce à sa participation sur Têtes Brûlées 4, et à sa victoire lors du concours organisé par la radio parisienne Générations 88,2 qui lui a offert la possibilité de faire la première partie du concert privé de Monsieur Oxmo Puccino. Pour la réalisation et la distribution de son premier album, le « Porte Parole » est parvenu à bien s’entourer puisque l’on retrouve la présence de Soulchildren et de LabelRougeProd, deux noms connus et reconnus, qui proposent ainsi 1 cd d’instrumentales en plus de l’album.

Voix rocailleuse, écriture affûtée, grosse basse, tels sont les principaux ingrédients que l’on retrouve au fils des 16 morceaux de l’album. Pejmaxx fait un état des lieus global : la musique : « La chasse au format », l’amitié : « Les liens du sang », la société : « Un loup pour l’homme »… et force est de constater que celui-ci est nettement négatif, plutôt amer. Oui, ne cherchez pas dans cet album de son club comme l’on peut dorénavant trouver dans la majeure partie des albums sortant depuis plusieurs mois. Pejmaxx ne semble pas connaître la notion de formatage.

Pour son premier album le jeune artiste de 23 ans évolue majoritairement en solo, là où d’autres gavent leurs albums de featuring. Pejmaxx ne partage le mic qu’à deux reprises, pour le morceau « Trop peu d’estime », où l’on retrouve entre autre, Rmz ; et pour le « Monde illusoire » .Ce morceau apparaît pour certain comme une bouffé d’oxygène permettant de couper la linéarité du flow de Pejmaxx, principal (et unique ?!) reproche qui pourrait lui être fait.

On pourrait considérer cet album comme introspection, le mc se racontant, livrant ses doutes et ses incertitudes, ses états d’âmes, mais également ses coups de gueule et ses coups de cœur. Car oui, même si le constat fait pas Pejmaxx est amer et ne fait de cadeau à personne, celui-ci préfère garder la tête haute et garder dans cette tête l’idée que rien ne sert de s’apitoyer, il préfère être le « Porte Parole » d’une génération qui lui fait porter la sienne. S’acharner jusqu’à cela paie, cela pourrait bien être la philosophie développée, ne pas laisser le plaisir naître dans les yeux de ceux qui voudraient le voir chuter.

Soulchildren à la prod, ça annonçait du lourd comme on dit, l’avis reste mitigé : si l’on se doit de reconnaître la qualité du travail fournit, déclassant un bon nombre de beatmakers « du moment », grâce en autre aux samples utilisés. On pourra tout de même regretter la certaine homogénéité dans laquelle a travaillé l’équipe composée de Xcell, Xpert et Nicko.

Avant de clôturer cette chronique et de pouvoir affirmer qu’il faudra dorénavant compter sur Pejmaxx lorsque l’on évoquera les rappeurs du 94, il apparaît comme nécessaire de parler de la communication et du marketing original dont a fait preuve l’artiste. Avec distribution de flyers et cotons-tiges lors de la promo de l’album, et de la présence, dans le boîtier du cd en lui-même d’un coton-tige devant servir, on s’en doute, à se préparer à un décrassage auditif effectué par le mc tout au long de sa galette. Galette qui à l’inverse dudit coton-tige n’est pas à usage unique !

15/20

-tepitou-

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