Publié le: sam, avr 3rd, 2010

Snoop Dogg-Ego Trippin’

Snoop Dogg. 16 ans dans le rap. Huit albums solos sortis. Et un 9e qui s’annonce. « Ego Trippin »
Pourquoi ce nom? Snoop voulait se démarquer d’une tradition très wescoast d’avoir beaucoup d’invités sur son album et avait déclaré vouloir faire un album sans featurings. Être seul et assurer. Au final à part 2,3 guests (surtout des refrains), Too $hort est le seul rappeur invité pour un couplet.
Avec cet album, Calvin Broadus veut continuer de faire ce qu’il faisait avec ses précédents opus, à savoir innover. R&G The Masterpiece avait étonné (voir même choqué pour certains dont moi, je l’avoue) par ses accents r&b-pop, Tha Blue Carpet Treatment revenait à des bases plus gangsta, mais ne montrait pas une grande cohérence artistique (on y passait facilement de Stevie Wonder à The Game ). Snoop continue de réaliser ses envies sur cet opus, il se fait plaisir.
Et cela ne manque pas de surprendre son auditeur à la 1ere écoute. En effet, cet album sonne très funky, mais pas g-funk de 1992, nan, vraiment funky. Cool est d’ailleurs une reprise d’une chanson de Prince. La majorité des prods sont assurées par DJ Quik et Teddy Riley, ce qui permet d’assurer au CD une atmosphère particulière.Des prods propres, mais complexes (à part le déjante Staxxx In My Jeans qui ne rentre pas du tout dans cette catégorie).
Cette ambiance musicale ne manque pas d’étonner, mais force ensuite le respect par son honneteté et le travail qui y a été mis.
Cet album ne sonne pas violent ou hardcore, mais n’est pas non plus sucré comme des ballades pop ou du T-Pain. Le vocoder trouve cependant sa place ici, mais plus comme l’utilisait Roger Troutman dans les années 80. « Sexual Eruption », titre électro-soul ou Snoop chante au vocoder en est le parfait exemple. Snoop dépasse donc les limites du rap, et de loin. De la country? « My Medecine », en hommage à Johny Cash. Le clip où il est déguisé en cow-boy est d’ailleurs à voir.

Quelques morceaux sont un peu plus faibles que les autres: « Waste Of Time », »Sets Up » de Neptunes peu inspiré,et le très dirty « Ridin’ In My Chevy ». Tiens c’est un des singles de l’album… On a beau dire, Snoop sur du dirty, ça le fait pas. Mais ce dont on se souviendra, c’est notamment les excellents« Press Play », « Neva Have 2 Worry » et « Can’t Say Goodbye »
Il est intéressant de noter que Snoop n’a pas écrit ses paroles cette fois-çi. Lui qui n’a pas de problème pourtant avec le stylo a laissé des ghostwriters, ou des nègres comme on dit en littérature, lui écrire ses textes. On ne sent pas trop la différence, tant le discours reste fidèle au personnage. « If you grew up listenting to my music, that means your mum in one of my hoes, your dad one of my foes, your grandma has already been to one of my shows » L’oncle Snoop parle de son expérience avec les meufs ( un registre très: « je me souviens d’une biatch que je me suis tappé une fois y a quelques années » ), de sa carrière, de son couple avec sa femme chérie, de sa thune, de ses teufs… Bref, normal quoi. Le flow est toujours là, la classe décontractée aussi, Snoop est plus inventif que jamais, il se fait plaisir et assume avec cet album assez homogène. Nous on kiffe bien.

14/20

-YounGotti-

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