Publié le: dim, nov 7th, 2010

7L & Esoteric – 1212

Des fois il suffit d’une petite étincelle pour passer de l’ombre à la lumière et toute proportion gardée le duo originaire de Boston 7L and Esoteric doivent s’auto-congratuler d’avoir eu l’ingéniosité d’user du sample de la série TV « Transformers » en 1996. Que l’on adhère ou non, cette prise de risque fut payante pour gagner une renommée consistance dans l’underground. 14 ans après, le duo est toujours là avec un CV assez éclectique variant entre écart électro, trip nippon et affiliation aux Army Of The Pharaohs. Avec un parcours tel, 7L and Esoteric sont à ranger dans la catégorie électron libre si bien que l’annonce d’un nouvel album du duo 1212 met certes l’eau à la bouche mais ne permet pas de spéculer sur le contenu sonore livré.

Nouvelle direction musicale certes mais la sagesse des années à parcourir les scènes du monde entier semble avoir calmé l’attrait pour le hors norme car si 1212 offre une nouvelle facette du duo c’est au travers un voyage dans le temps que 7L and Esoteric viennent rendre un hommage complet à l’art du boom bap. Idée plus qu’honorable quand une très subtile prise de conscience commence à agiter les neurones des mcs dans l’ensemble sur ce sujet. Pas de message subliminale dans ce 1212 puisque la tracklist offre bien 12 morceaux et un bonus.

Donc fini les trip à la con sur la vibe electro d’un goût plus que douteux et retour aux affaires avec une ligne plus rugueuse à la prod et un durcissement des prestations microphoniques. Après un constat relativement objectif sur Restrospects de leur carrière, on attaque directement sur un bon boom bap Run This tout droit sorti des mid 80′s accompagné par le talentueux Celph Titled (j’en mets une couche avant la chronique Nineteen Ninety Now) essai renouvelé sur Aneurysm malgré un résultat plus banal, dans une vibe un peu vintage The Handle ode au Basket avec l’illuminé Sadat X démontre que 7L malgré une hibernation musicale de 4 ans garde une certaine imagination (niveau sample on peut pas faire mieux pour répondre au thème de la chanson). On finit cette incursion dans les années 80 avec Not Shots et son sample très instable. Avec ce genre de vibe ça parle ou non, toujours est-il que l’exercice permet à Eso de mieux se lâcher sur une critique acerbe des dérives du mouvement (Young Money en prenant largement pour son grade ce qui ne risque pas de déplaire).

L’album regorge d’une palanquée de guest de premier choix et pouvoir entendre Inspectah Deck kickait sur l’hommage à GURU 12th Chamber produite par 7L conforte dans l’idée que le membre du Clan doit absolument s’acheter de nouvelles oreilles avant la possible sortie d’un nouveau solo… Evidence et ALC (très bon verse) se joignent à la fête sur Drawbar 1-2 tellement ALCienne dans le sample qu’on est assez surpris d’apprendre que le mérite revient à DC The MIDI Alien. Dans tout les cas le résultat est une franche réussite. Inévitable, le débarquement tout en douceur et légéreté de Vinnie Paz, Reef The Lost Cauze et Ill Bill sur Bare Knuckle Boxing, so Grimy 7L !!! Pas besoin d’épiloguer des heures pour les anti AOTP passez votre chemin pour les autres savourez le spittin de bourrin rageur de la troupe.

Si par passage, les intonations vocales d’Eso vous font penser à Jay-Z, I Hate Flying vous confortera, toujours est-il que la vibe plus actuelle de cette track colle parfaitement à la narration du mc. On reste dans cette période avec le très étonnant New Rapper (quelle idée d’aller taper dans des cuts pop cramés alors que le sample faisait largement l’affaire) et on finit avec The Most RottenStatik Selectah excelle dans ce qu’il sait le mieux faire : les scratchs. ZOO est donc la bonus track pour les achats en format digital et c’est dommage car elle avait largement sa place dans la tracklist d’origine.

Encore une bonne fournée fournie par le duo de Boston, aussi éclectique que les deux protagonistes sont barrés 1212 rend un hommage plus qu’agréable à l’art du Boom Bap à l’aide de guests plus que consistant, un album qui tourne agréablement bien et qui ne finira pas dans la fosse commune des albums inutiles et sans saveurs déjà bien remplie en cette année 2010.

15,5/20

-Drill-

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