Publié le: dim, nov 7th, 2010

Hell Razah – Heaven Razah

Entre le paradis et l’enfer voilà une pochette qui tape dans la métaphore facile car si Hell Razah peut savourer, aujourd’hui, un lever de soleil il n’y a pas si longtemps c’est la nuit qui l’entourait. Frappé par un anévrisme, Hell Razah était resté coincer entre la vie et la mort sans qu’un pronostic sûr soit de mise. SI l’on ne peut savoir les répercussions d’un tel accident sur une carrière musicale, on ne peut qu’apporter notre soutien en cette période de récupération. Mais voilà en-dehors de cela une chronique ne peut pas et ne doit pas taper dans le registre de la compassion donc ce nouvel opus Heaven Razah n’échappera pas à son jugement.

Membre des Sunz Of Man et de ce fait Wu affiliate, Hell Razah fait parti de ces personnages que tout le monde connait mais de nom… Sa fan base restant très restreinte malgré une disco solo bien plus honorable que 80% du Wu Tang. Toujours est-il que le mc reste un potentiel assez solide pour redorer la bannière des shaolins et profiter de l’autosatisfaction des membres du clan pour impulser une nouvelle donne musicale à un style usé et dépassé.

Sauf que pour déplacer les pions de l’échiquier, il faut en avoir la volonté et cet album est loin de rafraîchir le style. En clair, si Heaven Razah est une simple continuité de la carrière solo de l’ex Sunz Of Man mais avec la pertinence en moins. De part sa vocation de mc biblique traitant de thème entre la vie et la mort il y a peu avoir confusion entre son état physique à la sortie de l’opus et le côté prémonitoire de ses lyrics. Mais dans ce cas l’ensemble de son œuvre l’est. Et sûrement avec un meilleur talent à ses débuts qu’actuellement. On retrouve quand même ce côté art de rue entre deux discours sur la cosmologie à la Elisabeth Teissier. Et si Heaven Razah oscille entre l’enfer et le paradis, la qualité d’ensemble du cd suit le même chemin…

En terme de musicalité on s’attendait à ce que Bronze Nazareth, 4th Disciple et Havoc tiennent le haut du panier mais à la surprise générale c’est Dev 1 qui tire son épingle du jeu grâce à une vibe sombre et marquante. L’énergie déployée par le beatmaker donne le ton d’entrée grâce à The Arrival et Negro Angelitos où la puissance de mots de Hell Razah prend toute son ampleur. On retrouve aussi le prodo aux manettes de Return Of The Renaissance, track majeure de l’album car si pendant la première partie on ne trouve pas de défaut marquant sur le flow et les lyrics de Hell Razah, l’arrivée de RA The Rugged Man ramène à la réalité et surtout Hell Razah à sa place…

Autre satisfaction, Cinematic qui replonge les auditeurs dans les films de Blaxploitation avec sa vibe soulfull. On finira sur un travail d’Ayatollah sur Kids In The Street et surtout sur la line de Hell qui compare un enfant seul à Macaulay Culkin.

Pour le reste ? Plus qu’anecdotique, plus qu’évitable, Hell Razah sert à l’auditeur une bouillasse religio-sentimentale dont l’icône se matérialise sous My Testimony avec une nouvelle chialeuse du RnB Darnell McClain livrant une prestation pousse au crime et tant qu’à faire autant récidiver avec Heaven On Earth… Vivement qu’il annonce sa retraite artistique ce McClain

Une dernière note positive en annonçant le retour à la compétition d’Havoc plongé depuis quelques années dans un coma musical qui revient à un niveau acceptable sur Armaggedon mais pas de quoi sauter au plafond…

Heaven Razah n’a pas capacité de créer un électrochoc musical mais on se contentera de cet effort minime pour un temps assez courts (soit une semaine). Pour les nouveaux initiés au style Hell Razah, on conseillera d’aller gratter sur When All Hell Breaks Loose, Renaissance Child ou Razah’s Ladder plutôt que de se bruler directement les oreilles avec ce dernier album.

12/20

-Drill-

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