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Nicki Minaj – Pink Friday

Au rayon new comer ultra-buzzé je demande Nicki Minaj. Forte d’une flopée de tapes convaincantes et d’apparitions remarquées la jeune rappeuse a vite pris ses marques, s’imposant au passage comme porte-flambeau d’un rap féminin mainstream désormais (malheureusement?) réduit à sa seule personne. Il faut cependant avouer que c’est moins pour ses performances microphoniques que pour son physique avantageux (merci la chirurgie esthétique) que l’autoproclamée Barbie Bitch à fait parler. Non contente de hanter les rêves mouillés d’une partie de la gent masculine, la belle peut également compter sur ses accointances avec le crew Young Money et le parrainage de Lil Wayne pour se faire un nom sans même avoir sorti d’album. Conséquence: la réalisation de son premier opus devient un objet d’attention, surtout qu’elle est très loin d’être la plus mauvaise du crew au micro. En attendant elle collectionne les trophées (réalisant une véritable razzia aux BET Awards), multiplie les apparitions médiatiques (devenant au passage une icône people), et met son excentricité à profit. Toutes choses qui lui permettent de mettre la presse à ses pieds et d’être définitivement starisée en dépit d’un premier single anecdotique (le médiocre Massive Attack) et de collaborations pas franchement marquantes. Qu’importe au fond. A force de teasing son premier album solo finit par figurer au chapitre des grosses attentes mainstream de l’année.

Le moins que l’on puisse affirmer est que le produit fini est loin d’être à la hauteur des espérances. Il est recommandé d’oublier la Nicki des premières tapes qui avait marqué l’auditoire par son second degré et ses punchlines absurdes. Comme le laissait entrevoir les singles lancés en éclaireur le disque s’avère être un concentré de ce que d’aucun qualifieraient de pop rap. Plutôt que de jouer la carte de la fraicheur et de tabler sur les armes ayant fait sa réputation initiale, la miss cède aux sirènes commerciales et livre un album tout ce qu’il y a de plus impersonnel. Pis, ce disque présente l’inconvénient majeur de compiler l’essentiel des clichés actuels de l’industrie du disque. Au menu donc instrumentaux dans l’air du temps, profusion de featurings avec les artistes buzzés du moment (Rihanna, Drake, Kanye West, Will.I.Am et Eminem), performances largement perfectibles, identité musicale inexistante et la boucle est bouclée. Encore heureux qu’on n’aie pas à se farcir Lil Wayne (Super que la justice américaine aie pour une fois penser à la santé de nos oreilles) et le reste de la ménagerie Young Money.

On a beau se dire que ça aurait pu être pire, il est très difficile de ne pas être pris de folie destructrice à l’écoute de ce projet informe et sans âme. Les titres insipides se succèdent à la vitesse grand V, donnant toute son utilité à la touche skip. Quelques éclats ça et là mais rien de bien marquant. Il y a d’ailleurs fort à faire pour dégager le titre le plus minable de cet agrégat de catastrophes auditives. Candidat sérieux au titre, l’immonde Right Thru Me, nettement concurrencé par un Save Me insupportable et un Your Love tout ce qu’il y a de plus irritant. La palme revient cependant aux titres conviant des chanteuses (!). Rihanna se charge de ruiner Fly, rendant le titre inécoutable par sa seule présence. Natasha Beginfield quant à elle met un point d’honneur à gâcher la dernière chance (Last Chance) de Nicki de nous séduire. Dans le même sac on peut sans peine ranger le nulissime Here I Am, le single en carton Check It Out (avec Will.I.Am) ou encore le pétard mouillé Blazin’. Question tracks pourries on est servis au kilo.

Quelques motifs de satisfaction sont tout de même à noter. La Barbie Bitch retrouve de sa superbe sur des titres plus consensuels et moins calibrés pour les charts. Ne vous méprenez cependant pas. Ces morceaux sont plutôt moyens a l’échelle rapologique mais s’avèrent être de bonne facture dans l’ensemble. Did It On’em est un titre efficace produit de main de maître par Bangladesh. L’introspectif Dear Old Nicki se charge de compléter le cahier de charges. Dans ce contexte on en vient à se contenter d’un I’m The Best qui aurait été au mieux anecdotique avec une meilleure direction artistique. Nicki peut cependant compter sur son single Roman’s Revenge avec Eminem pour apporter le petit plus qui pourrait pousser à ressortir l’album de la corbeille dans quelques mois. Sans être exceptionnelle cette collaboration séduit tout de même, portée par un Eminem dans la lignée de Recovery et une Roman Zulanski (l’alter ego de Nicki) se hissant sans peine à son niveau.

Un premier effort en tous points perfectible au final. Une poignée de titres à se mettre sous la dent et une frustration d’autant plus grande qu’on a le réel sentiment d’avoir affaire à tout sauf un album de Nicki Minaj. Ce second degré qui avait jusqu’ici été sa marque de fabrique a été sacrifié sur l’autel des formules commerciales éculées. Gageons que son projet disque soit moins impersonnel que celui-ci. En attendant reste à espérer que Roman Zulanski assassine enfin la Barbie Bitch et refusionne avec Nicki pour le meilleur. D’ici là, nous patienterons en nous repassant ses tapes.

9/20


-Black Scofield-

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