Wyldbunch – Rich Blood, Broke Pockets
Loin de vouloir faire de l’ombre à la très humoristique liste des 2011’s freshmen du magazine de variété XXL (2010 était aussi très guignolesque dans le genre), il est possible pour tout jeune mc ayant les crocs de piquer la vedette aux futurs stars du Hip-Hop déjà déchues (Lil quoi ?). Bon, on ne garantit pas une exposition méritée dans ce même magazine ou tout autre magazine hexagonal autoproclamé de la culture urbaine (surtout depuis que Nagui ouvre son plateau à de vraies personnalités du mouvement…). Et on ne garantit même pas que l’on parle de vous sur la toile. Aller on vous donne une petite chronique sur un blog de seconde catégorie (histoire de faire larmoyer mes lecteurs), des volontaires ?
Bon toujours pas… Alors on dénonce : Wyldbunch, profession mc, natif d’Harlem et élevé à Bed Stuy Brooklyn. Avec quelques apparitions ça et là lui ayant donné une certaine street credibility ou tout du moins le passe droit pour la catégorie underground, Wyldbunch nous pond, dans l’anonymat le plus complet, « Rich Blood, Broke Pockets ». Et, excepté l’eau dans sa casserole, on ne peut pas dire qu’il y ait ébullition dans la sphère Hip-Hop… Normal le plan communication étant aussi voyant que Gilbert Montagné, il ne fallait pas s’attendre à des retours en masse et derrière l’hypocrite « thanks for the love & support » de sa page Facebook, on dénote une certaine tristesse qui oblige à prendre les armes !
Car Wyldbunch n’a pas de New-York que sa casquette, l’homme possède cet héritage urbain nécessaire à revêtir l’armure de mc et malheureusement cette crédulité à penser que la reconnaissance revient au plus méritant. Real Recognize Real, c’était il y a bien longtemps… Dommage car là où Wyldbunch pêche par méconnaissance, il excelle dans l’art d’écouter avec ses oreilles et non en fonction des tendances. Pas besoin de s’aventurer loin dans la galette pour trouver chaussure à son pied, Unforgiving World placée d’entrée de jeu met la barre très haute. Aux manettes, TwoManics team allemande loin de la vision musicale de leur compatriote Snowgoons, délivre un sample de soul aérienne tout en contraste avec la prestation rugueuse de Wyldbunch. Dans la catégorie coup genou dans le plexus, le street anthem My Story Is Yours lâchée par Amazing Maze devrait réveiller les amateurs de grosses drums. L’ajout de Lord Tariq donne un poids supplémentaire à l’ambiance bien noire du morceau (et permet aussi d’avoir des nouvelles du gus…). Plus orienté, cuts, DJ SoulClap de Boston continue sur le même schéma, histoire d’alimenter le sempiternel thème : Back In The Dayz. D’ailleurs, passée une première écoute, on se rend très vite compte, que malgré une réelle envie de bien faire, Wyldbunch ne dénote pas d’une agilité extraordinaire, que ce soit avec un micro ou une plume à la main. En clair, réussir à déterminer quelle caractéristique permet à Wyldbunch de sortir du flot continu des centaines de mc anonymes essayant de se débattre tant bien que mal sur la toile avec leur projet relève de l’impossible. Passés les thèmes bateaux que sont, l’introspection sur le mal de vivre, l’attachement à son quartier et la nostalgie des jours passés, il ne reste pas grand-chose à grignoter. Et sur 16 pistes, la redondance est parfois lourde à supporter.
Malgré toute sa bonne volonté, Wyldbunch ne marquera pas cette année 2011 mais loin des lumières, il ne démérite pas. Il ne manque pas grand-chose, un peu de talent et beaucoup de chance pour que ce Rich Blood, Broke Pockets puisse être à la hauteur. On espère tout de même le revoir avec un projet plus mature et surtout moins banal, histoire de prouver que lui aussi est un freshman à suivre de près.
13/20
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