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Rap Mag ferme ses portes

Hier après-midi en me connectant à ma page Facebook, j’eus la surprise de trouver sur mon mur un message du magazine Rap Mag annonçant la cessation de ses activités. Passée la surprise je me décidai à parcourir un peu les commentaires, espérant y dénicher un début d’explication. Le temps pour moi de me rappeler qu’avant-hier un message nous annonçait la suppression de la page Facebook du magazine, et je finis par trouver ce que je cherche finalement sur le mur de Felix Lejeune. Ce dernier évoque des raisons financières contraignant l’équipe à arrêter le magazine, confirmant dans la foulée l’arrêt d’une autre parution des éditions Buzzer, à savoir le magazine Worldsound.

Au-delà de la peine plus ou moins légitime ressenti par cette disparition, il faut reconnaitre que cette issue était prévisible. depuis quelques temps Rap Mag était pratiquement le dernier magazine rap en activité. Les plus anciens comme moi se rappellent de Get Busy, The Truth, Radikal, RER, L’Affiche et Groove qui ont fait les beaux jours de la presse hip-hop et qui sont depuis devenus des reliques-cultes de ce mouvement culturel urbain. Malheureusement tous ont fini par mettre la clé sous le paillasson, laissant d’éternels regrets aux lecteurs de la première heure.

Les raisons ayant conduit à cette lente déliquescence de la presse hip-hop francophone sont multiples. Les raisons financières évoquées plus haut découlent essentiellement de la chute des chiffres de vente. Pour faire simple à l’époque des nouvelles technologies, les magazines ne font plus recette. Le problème s’était aussi posé outre-atlantique où des fanzines tels que XXL, Vibe et The Source semblaient promis à la disparition devant l’explosion des médias en ligne. Ces périodiques cultes ont donc été contraints de s’adapter sous peine d’extinction. A ce titre le virage a été plutôt bien négocié avec l’apparition de versions en ligne qui ont réussi à tenir le cap et même à l’image du webzine de XXL s’imposer durablement dans ce nouveau paysage médiatique, tenant la dragée haute aux innombrables blogs en imposant son savoir-faire journalistique, qu’il soit apprécié ou non. Un virage que leurs homologues francophones n’ont clairement pas su négocier.

De ce côté-ci de l’atlantique, il faut reconnaitre que l’occupation de l’espace web n’a pas semblé faire partie des priorités des magazines cités plus hauts. Pis on avait même le sentiment qu’il y avait une certaine défiance à ce sujet. Insidieusement une espèce de clivage entre « les vrais journalistes hip-hop » et les « amateurs » est apparue. Les premiers semblant s’être murés dans une tour d’ivoire et refuser d’investir le terrain des seconds, leur avenir semblait compromis. Le pire dans l’affaire est que cet immobilisme n’avait pas lieu d’être surtout qu’il était clair que la blogosphère gagnait en importance au fil des années, au point de faire de l’ombre aux traditionnels magazines.

A l’heure où la toile pullule de webzines et blogs qui, s’ils ne sont pas tous de qualité, ont au moins le mérite de tabler sur les manques de la presse papier pour se faire une place, les magazines ont du mal à exister. Difficile de lutter contre l’immédiateté de l’information du site web quand on est contraint d’attendre un mois avant de pouvoir s’exprimer sur la même question. Illusoire également de parvenir à se maintenir quand les sites et blogs gagnent en qualité et concurrencent les médias traditionnels de façon admirable, présentant en plus l’avantage de la gratuité quand le magazine reste payant. Du coup en dehors des dossiers (le format web se prêtant assez difficilement à cet exercice) et des interviews (et là même encore le développement de sites spécialisés en la matière et des réseaux sociaux permettent de les contourner assez aisément), il n’y avait plus vraiment d’intérêt à acheter un magazine. L’un dans l’autre la disparition de tous était tout ce qu’il y avait de plus prévisible.

R.I.P. Rap Mag. Le numéro qui illustre ce billet sera donc le dernier (même si un éventuel retour n’est pas à exclure). L’aventure continuera cependant dans une tout autre forme sur Goom Radio avec 50heures de rap non-stop, émission diffusée ce week-end. Saluons la mémoire du dernier dinosaure de la presse hip-hop traditionnelle. L’avenir s’écrit désormais du côté des webzines et des blogs. Gageons qu’ils parviennent à porter haut le flambeau de cette musique qui nous est si chère.

  • http://Site/Blog... Smeza

    Et oui c’est la fin de toutes presse papier, d’ailleur j’en ai meme perdu mon emploi !
    Foutu numerique! Qui va me filer mes poster maintenant !

    • Rap Fan

      tu bossais pour qui

      • Smeza

         Je travaillai dans la distribution de la presse [ NMPP/SPPS de bobigny], ( Journalière, hebdomadaire, mensuel … ) au fur et a mesure du temps certains magazine ou journaux disparaissait, donc la manoeuvre avec …