Fat Joe – Jealous Ones Still Envy
Il y a 10 ans, 2001 fut une année ou le Hip-Hop mainstream a vu de bons albums sortir. Stillmatic de Nas, Pain Is Love de Ja Rule, le classique The Blueprint de Jay-Z, Genesis de Busta Rhymes ou encore Devil’s Night de D-12.
Mais le 4 Décembre 2001 le King du Bronx Fat Joe aka Joey Crack allait faire parler de lui avec son 4e album studio, Jealous Ones Still Envy sorti chez Atlantic et qui succède à Don Cartagena. 3 ans s’est écoulé entre Don Cartagena et J.O.S.E et plusieurs choses se sont passé. Il y a eu le 1er album de Big Punisher (Capital Punishment), le 1er album du Terror Squad, la mort de Big Pun, un album posthume (son 2e) Yeeeah Baby, et les départs de Cuban Link & Triple Seis.
Coté invités on retrouve : Remy Martin (TS), Buju Banton, R.Kelly, M.O.P, Petey Pablo, Ashanti, Ja Rule, Prospect (TS), Ludacris, Armageddon (TS), Xzibit, Busta Rhymes & Noreaga.
Coté production sur chaque album solo de Fat Joe, Joe a eu des producteurs New Yorkais chauds bouillants, et il applique donc cette fameuse recette ajoutant cependant d’autres producteurs originaires du Sud des Etats-Unis (Miami entre autres). On retrouve donc The Hitmen, Psycho LES (The Beatnus), Self Service, Alchemist, Buckwild,(D.I.T.C) Ron G, Reef, Irv Gotti, Richard Frierson, Bink, Rockwilder et DJ Nasty & LVM.
Après une courte intro produite par les Hitmen, on rentre dans le vif du sujet avec J.O.S.E produit par Psycho LES des Beatnuts. L’instru est bien travaillée, le flow de Joe est gonflé à bloc et la prestation est bonne. Cool & Dre ne sont pas venu faire de la figuration sur l’album et le duo délivre le très bon King Of New York en featuring avec une figure de la scène Ragga/Dance hall Jamaïcaine, Buju Banton ce dernier délivre un refrain bien sombre qui vient donner une touche bien hard au morceau. Fat Joe nous lâche une énorme performance (normal en même temps quand on convoite le trône de la ville), un fat flow et des rimes bien hard notamment au 2e verset.
« You niggas gotta face the facts: I pop shit because they can’t stop me
More rich cause they can’t rob me
I blam clips at your fam’s lobby
Joe the Don, and you been warned
But niggas never wanna listen till their kin’s gone
Now you wanna get it on cause your dollars stacked?
Now how you plan to hollar back with a hollow back »
Produit par Self Service ,le tout juste bon Opposites Attract avec son riff de guitare voit la participation de Remy Martin. L’album reprend en intensité, et Joey Crack nous explique sa formule pour devenir un Don (tout en déchirant le beat bien sur) sur le très bon et bien grimey Definition Of A Don, produit par Alchemist et une fois de plus Remy Ma, se charge du refrain.
Sur cet album, la patte D.I.T.C est moins présente, cependant, Buckwild est le seul beatmaker et membre du Diggin In The Crates présent sur l’album, et délivre la classic track My Lifestyle. La piste 7 de l’album, fera grincer des dents les fans de Fat Joe de la grande épopée D.I.T.C,en effet We Thuggin’ (2e single) voit la participation du Pied Piper R.Kelly et le morceau sera un gros Hit.
Sur Yeeeah Baby, Big Punisher,le poulain de Joey Crack avait fait une grosse collaboration avec le duo de Brooklyn M.O.P sur New York Giants, cette fois-ci c’est autour de Crack( avec un très bon delivery) de faire du boucan avec ce meme duo de Brownsville sur le très animé Fight Club avec Petey Pablo qui vient apporter une touche hardcore le tout produit par Reef.
What’s Luv (1er single) featuring Ashanti Douglas et Ja Rule du Murder Inc et produit par Irv Gotti (également du Murder Inc) sera un énorme succès que se soit en radio ou dans les night club et montrera que Joe est définitivement rentré dans le créneau mainstream et ce hit assurera le statut de disque de platine de J.O.S.E.
Richard Frierson lâche le lourd He’s Not Real pour une réunion 100% Terror Squad.
Produit par le talentueux Bink!, le sympathique Get The Hell On With That avec son hook bien catchy voit apparaitre en feat le meilleur MC d’Atlanta (Ludacris) qui lâche d’ailleurs un bon verset. Le livret de l’album crédite aussi Armageddon.
Toujours dans les tracks sympa, Sean Cane délivre It’s Ok avec des sonorités qui font honneur aux origines latines de Joe.
On arrive vers la fin et Rockwilder fait parler de lui en lâchant l’un voir LE meilleur beat de l’album le terrible Murder Rap et Armageddon et Joe font de remarquables performances.
Digne d’une production made in Dr.Dre, DJ Nasty & LVM lâche le lourd et bien grimey The Wild Life avec un Joe qui démonte le beat,et Prospect & Xzibit lâchent des versets dingues.
Buckwild fait sa deuxième apparition pour délivrer le très bon Still Real et Joe nous montre qu’il est l’un des plus vrais et loyaux MCs de ce game.
L’album se termine avec un remix de We Thuggin’ qui voit la participation de Busta Rhymes & Noreaga.
Voila on a assisté à la 4e livraison de Fat Joe, même s’il est vrai qu’il ne sonne plus D.I.T.C il reste pourtant réussi. La récompense sera la consécration du disque de platine aidé par les tubes What’s Luv et We Thuggin’.
Mais malheureusement pour Joey Crack The Don, il aura de mauvaises surprises pendant le reste de sa carrière.
En effet malgré le succès de son album suivant Loyalty (disque d’Or) et l’amour qu’il porte au sud des Etats-Unis, All Or Nothing avec ses sonorités Dirty South sera le divorce avec une grosse partie de ses fans.
La tentative du correct Me, Myself & I avec l’intention de revenir à des sonorités New-Yorkaises avec des producteurs de Miami(The Runners, Scott Storch, DJ Khaled, Streetrunner) laissera assez sceptique un bon nombre de personnes.
Joe réussira à faire parler de lui avec quelques hits qui squatteront le haut des charts mais sur un long format la déception sera au rendez-vous notamment avec The Elephant In The Room qui voit le retour surprenant de DJ Premier et Alchemist.
Il creusera encore plus le fossé avec la suite de JOSE, Jealous Ones Still Envy 2 qui sera le pire album de Fat Joe, et tentera de revenir aux roots avec The Darkside vol.1.
Malgré l’échec de sa carrière et en attendant The Darkside vol.2 qui promet un nouveau retour aux sources, selon Joe, on retiendra tout de même, que Fat Joe reste une légende du Hip Hop New Yorkais et c’est déjà bien.
16/20
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