On avait quitté Slaughterhouse sur un premier album qui, s’il était loin d’être le classique que certains entrevoyaient, aura au moins eu le mérite d’être de très bonne facture. Le temps de quelques escapades solos plus ou moins réussies et le quatuor était censé reprendre du service avec un deuxième album attendu comme celui de la confirmation. Malheureusement les choses ont depuis changé du côté de leur label E1. Inexorablement les rapports entre le groupe et ses patrons s’effilochent et finissent par entraîner le départ des premiers. Si les raisons de ce divorce prématuré demeurent assez floues, nos quatre lascars rebondissent très vite, passant même à l’étape supérieure en paraphant un contrat pour Shady Records l’écurie d’Eminem. S’il y a de bonnes raisons de s’interroger sur le bien-fondé de ce deal, surtout au vu de l’orientation actuelle de leur nouveau mentor, il convient de ne pas oublier que le groupe devait encore un disque à E1. Finalement l’album se verra raccourcir en EP de seulement six titres, mais pire encore seulement trois inédits  viennent se greffer à des remixes dispensables et pour la plupart déjà entendus sur la toile. On frise le foutage de gueule là, mais vu que ce projet ne sort que pour marquer la fin de l’aventure E1 il ne fallait décemment pas s’attendre à de l’exceptionnel.

Vous l’aurez donc compris le seul intérêt de ce disque est l’adjonction de ces trois nouveaux titres. Au menu trois nouveaux producteurs conviés (à raison de un par titre). Si Black Milk et Mr Porter ne sont pas des inconnus, il n’en est pas de même pour M-Phazes. C’est d’ailleurs au beatmaker australien que revient l’honneur d’ouvrir le disque avec un Back On The Scene plus que correct. Occasion de réaliser que nos quatre casseurs de micros sont toujours affutés, sans pour autant être exceptionnels. Même impression avec le minimaliste Sun Doobie usiné par un Mr Porter en grâce mais c’est avec la tuerie Everybody Down qu’on atteint des sommets. Black Milk signe une de ces prods qu’on aimerait entendre plus souvent et trace une voie royale pour le quatuor qui n’a plus qu’à faire ce qu’il sait faire de mieux: tuer l’instrumental. On regrette presqu’il n’y ait pas d’autres titres de ce calibre surtout que juste après cette boucherie on tombe dans le fadasse. Le trio de D-Block aura beau tenter de faire monter la pression sur le remix de Put Some Money On It, la mayonnaise peine à prendre, surtout en comparaison aux trois premiers titres entendus. La suite n’est cependant pas plus rassurante. Le remix de Fight Club est tout ce qu’il y a de plus alimentaire et n’a même pas l’excuse d’apporter un plus par rapport à l’original. c’est un peu mieux pour celui de Move On malheureusement terni par un refrain insupportable qui corrobore encore plus la sensation d’inachevé que laisse cette galette.

Bien peu de choses donc à retenir de ce disque (prévisible au demeurant au vu de ce qui était proposé.). L’aventure de Slaughterhouse avec E1 s’arrête donc là et la formation s’en ira désormais apporter une touche plus street au catalogue de Shady Records. Reste à espérer que le schéma malheureux des carrières solos des différentes composantes de ce groupe ne se reproduise pas et qu’il nous revienne au plus tôt avec un vrai album. Pour ce qui est de celui-ci, pas de quoi gâcher de la thune.

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