Si depuis quelques années le cinéma et la télévision se sont imposés comme des évolutions naturelles du rap, au même titre que les affaires, cet exercice n’est pas une réussite pour tous. Bien sur quelques succès éclatants sont à noter au nombre desquels Will Smith, Queen Latifah, Mark Walhberg (même s’il est préférable d’oublier sa carrière de MC) ou encore Ice Cube. Malheureusement tous les rappeurs ne sont pas aussi à l’aise devant une caméra que derrière un micro et sur scène. Il y en a auxquels on n’aurait vraiment pas voulu de ne jamais chercher à jouer dans des films. Petit tour d’horizon non exhaustif des pires acteurs-rappeurs.

Jay-Z

Contrairement à l’idée reçue Jay-Z n’a pas réussi partout. Si son statut de performer de talent n’a été que récemment remis en cause, ses quelques tentatives d’acting sont quant à elles beaucoup moins convaincantes. Un peu après son premier album Reasonable Doubt, il commence à plancher sur un projet de film en même temps qu’il prépare son deuxième opus. C’est finalement après le lancement de ce dernier que Streets Is Watching fera son apparition dans les vidéoclubs. Bâti sur le modèle du Moonwalker de Michael Jackson (compilation de vidéos liées entre elles par une trame narrative) ce premier essai d’une heure ne peut permettre de juger de ses capacités en matière de jeu. C’est sa brève apparition dans le navet State Property où il tient le rôle d’Untouchable J qui lui vaut de figurer parmi les plus mauvais rappeurs-acteurs en dépit de la brièveté de sa « carrière » . Une première qui restera heureusement sans suite.

Big Pun

Comme nombre de ses pairs par la suite, c’est en jouant son propre rôle que Big Pun débute comme acteur en faisant une figuration dans la sitcom Moesha en 1998. Il ne lui faudra pas attendre longtemps pour figurer au casting très hip-hop (on y retrouvait Ice Cube, Mack 10, Fat Joe, MC Eiht, Bad Azz, Krayzie Bone et Flesh-N-Bone) du film Thicker Than Water dans lequel il tient le rôle de Pun. Par la suite il jouera dans Urban Menace aux côtés de Snoop Dogg, Ice-T et toujours Fat Joe. Ses performances lamentables contribueront cependant à plomber le film, surtout qu’il avait hérité d’un des rôles principaux (celui de Crow). Deux apparitions à oublier au plus vite. A noter qu’en version française Urban Menace est encore pire.

Ja Rule

Surfant sur la vague de son succès commercial, Ja Rule met vite un pied dans l’industrie du septième art en obtenant le premier rôle du film Turn It Up aux côtés de Pras, Faith Evans mais aussi d’un Jason Statham alors inconnu du grand public. Par la suite il jouera un tueur à gages dans Crime Partners avant de se voire offrir quelques apparitions dans de super-productions. On le retrouvera ainsi au générique de The Fast And The Furious, Half Past Dead ou encore Scary Movie 3. Malheureusement il est loin d’être bon malgré ses efforts et il retourne vite aux petits rôles dans des films de série B. Son manque de naturel devant la caméra et ses interprétations surjouées ne plaideront pas en sa faveur et même s’il a une carrière assez remplie de ce côté-là, il est clair qu’il ne convaincra jamais sur ses capacités d’acteur.

Fat Joe

A l’image de son défunt acolyte Big Pun, Fat Joe est loin d’être aussi convaincant devant la caméra qu’il ne l’était micro en main. Lui aussi débute avec le film Thicker Than Water dans lequel il incarne l’un des personnages principaux avant d’enchaîner avec le navet Urban Menace. Deux premières à oublier au plus vite, et malheureusement pour lui la suite ne sera pas meilleure. Il tient un petit rôle dans l’anecdotique Prison Song aux côtés de Q-Tip, Mary J. Blige et N.O.R.E., avant d’incarner Tito Severe dans Empire en 2002.  Son jeu d’acteur ultra-caricatural devient rapidement insupportable et heureusement qu’il ne tient pas les premiers rôles dans ces deux dernières productions. Finalement le film où il aura été le plus convaincant est Scary Movie 3 dans lequel il jouait…Fat Joe. C’est dire…

Master P

Il aura beau avoir monté la très lucrative firme No Limit Films et s’arroger la plupart des premiers rôles de ses productions, Percy Miller ne se sera jamais montré totalement à son avantage dans ses films. Quelques succès vidéos sont venus jalonner cette filmographie chaotique où il aura surtout joué à se mettre en scène et à s’ auto-caricaturer. Disons que comme acteur Master P est exactement le même que son personnage de rappeur: peu exceptionnel, voire mauvais, pas inspiré mais pile là où il faut quand il faut pour faire de l’argent sans coup férir. Acteur à oublier mais businessman de talent.

Nelly

Heureusement que pour la grandeur du cinéma sa carrière d’acteur aura été modeste. A l’image de nombre de ses pairs il n’échappe pas au ghetto movie à petit budget et à la trame abracadabrante (en gros énième histoire de crime, drogue ou meurtre qu’on essaie désespérément de rendre originale). Il apparaitra ainsi dans Snipes dans un rôle qu’il est préférable d’oublier à tout jamais. On le retrouvera cependant en 2005 à l’affiche du remake de  The Longest Yard aux côtés d’Adam Sandler et de  Chris Rock. Sa performance ne restera pas non plus dans les annales (sauf ceux de la médiocrité) mais aura été plus convaincante que ses premiers pas. Insuffisant cependant pour le réhabiliter. Depuis il semble s’être éloigné des studios de tournage.

Dr. Dre

C’est à l’affiche de l’excellent Set It Off que Dr. Dre fait ses grands débuts comme acteur en incarnant Black Sam. Une première qui n’aura pas marqué plus que ça. Par la suite il se fera discret mais figurera tout de même au générique du tout aussi bon thriller Training Day dans un petit rôle. C’est lorsqu’il se retrouve en tête d’affiche avec Snoop Dogg pour le film de DJ Pooh The Wash que l’on peut enfin juger objectivement de ses performances. Le moins que l’on puisse espérer serait de ne plus jamais avoir à subir ça. On le connaissait déjà comme rappeur médiocre, il faudra ajouter à son portrait chinois piètre acteur.

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