Avec un teasing de tous les instants de la part de la presse et de Canal+, les habituels échanges de mots doux entre supporters et sympathisants et un dispositif de couverture cinq étoiles déployé par la célèbre chaîne cryptée (Ok, on a compris que Be In Sport va se poser comme un sérieux concurrent, pas la peine de verser dans la grandiloquence pour nous convaincre de conserver nos abonnements), il était difficile de passer à côté de ce Clasico, événement-phare de chaque saison de Ligue 1, et raison supplémentaire de réveiller les vieilles rivalités entre la capitale et la province. Il faut dire que ce match est avec les années devenu bien plus qu’une simple rencontre de foot, n’en déplaise à certains esprits et autres nostalgiques de cette époque où ce n’était qu’une rencontre de plus sur le calendrier. Cette année la situation a cependant été moins tendue au plan sécuritaire (il y a tout de même eu dix-huit arrestations) et une fois n’est pas coutume, un réel enjeu sportif était présent. En effet le PSG, nettement moins fringant ces dernières semaines, a vu son avance en championnat fondre comme neige au soleil et son poursuivant immédiat, Montpellier, le supplanter au classement, confortant même sa première place à la faveur d’une nouvelle victoire obtenue ce samedi face à Sochaux, et ce en dépit d’un match de retard. Les hommes d’Ancelotti qui restaient sur une défaite lourde de conséquences face à Nancy se devaient de faire un résultat lors de ce Clasico sous peine de renoncer à leurs ambitions de titre. Du côté marseillais le son de cloche est le même. Si le club phocéen est crédité d’un joli parcours en Champions League, il a depuis été réduit à l’état de simple comparse au classement. Une série de mauvais résultats (neuf défaites et un nul en dix matches toutes compétitions confondues) a vu les marseillais renoncer tout d’abord à la prochaine Champions League, puis à l’Europa League, dégringolant à une peu flatteuse neuvième place. L’enjeu était de sortir de cette spirale négative en faisant bonne figure lors de ce match contre Paris, à l’image du match aller où les hommes de Deschamps s’étaient largement imposés (3-0) et avaient lancé définitivement leur saison dans la foulée.

On avait donc affaire à deux entraîneurs sous pression. Un Ancelotti qui n’est toujours pas parvenu à trouver le juste équilibre, tâtonnant aussi bien dans son organisation défensive qu’offensive, et un Deschamps à l’effectif usé, limité en quantité et en plein doute. Tous deux ont d’ailleurs joué la carte de la prudence. Ancelotti a aligné un milieu à trois récupérateurs aux fins de stabiliser une défense peu rassurante depuis sa prise de fonction et a choisi de ne pas titulariser d’avant-centre de métier. C’est à Jérémy Ménez qu’a échu le rôle de pointe avec le soutien de Nenê et de Pastore. Côté marseillais du fait de la blessure de Diawara, Deschamps a lui aussi joué la sécurité en alignant Stéphane Mbia en défense centrale, Rod Fanni sur le côté droit et Azpilicueta comme arrière gauche. L’animation offensive était confiée à Valbuena, André Ayew et Loïc Remy. Le premier quart d’heure est venu valider les choix de l’entraineur italien. Avec un pressing haut et des attaques rapides, les parisiens prennent la mesure de leur adversaire et dominent totalement le match. Asphyxiés les phocéens se font surprendre dès la sixième minute par un frappe au ras du poteau signée Ménez. Une ouverture du score plus que méritée qui laissait augurer d’un match de feu. Malheureusement la suite sera nettement moins probante pour le PSG qui comme souvent ces dernières semaines lève le pied, laissant le contrôle du match à son adversaire qui après une entame timide se montre de plus en plus entreprenant. On saluera surtout l’abnégation des joueurs d’Ancelotti et de ses hommes d’attaque, Nenê et Ménez qui n’ont pas été avares en efforts défensifs, sans quoi les parisiens auraient vite sombré. La défense n’a pas vraiment convaincu, le milieu parfois submergé a eu toutes les peines du monde à relancer correctement et l’attaque est restée aphone, suite à la débauche d’énergie des pré-cités. Ajoutons à ça un Pastore ectoplasmique et un jeu plus que brouillon et on a une idée de l’ampleur des difficultés parisiennes. Encore heureux que les marseillais aient eu du mal à concrétiser leurs occasions en première mi-temps, notamment sur coups de pieds arrêtés. Si à la reprise leur égalisation ne souffre d’aucune contestation, le but inscrit par Alex dans la foulée est marqué d’une bonne dose de baraka (Alou Diarra qui se loupe et Alex qui réalise une tête pas franchement académique). Suffisant cependant pour donner la victoire à cette formation empruntée, peu inspirée qui aura eu la chance pour elle jusqu’au bout, les marseillais vendangeant allègrement toutes leurs occasions de revenir au score. Encore heureux que Sirigu comme souvent aie été au rendez-vous, sinon la donne aurait été certainement différente.

Au final l’essentiel est assuré pour Paris. Les réserves émises sur la qualité de jeu ne sont pas levées. Si Sirigu a confirmé son statut de meilleure recrue du club, sa défense est toujours un point d’interrogation. Si Bisevac semble avoir pris l’ascendant sur les cinq autres défenseurs centraux de l’effectif (Sakho, Alex, Armand, Lugano et Zoumana Camara), on n’a toujours aucune certitude au sujet de celui qui est censé le seconder. Pastore s’affirme de plus en plus comme un joueur surcoté (de là à parler de flop de la saison il n’y a qu’un pas) et peine à donner la pleine mesure de son talent, handicapant même Ancelotti qui semble vouloir construire sa ligne offensive autour de lui.  L’équipe joue toujours aussi mal, semble toujours autant manquer de cohésion et disons-le est toujours en chantier, mais fait montre de ressources mentales admirables. Tout l’inverse de son adversaire du soir qu’on sent en plein doute. Dans une période moins agitée, les hommes de Deschamps auraient certainement pu arracher le nul, voire remporter la victoire. Le potentiel est présent, en dépit d’un effectif trop juste. Et si de cette rencontre on retiendra surtout ce dixième revers en onze matches, on ne peut totalement occulter la large domination marseillaise qui si la confiance revient laisse augurer d’un avenir plus radieux. En attendant il faudra déjà retrouver le chemin de la victoire, et il semble peu probable que le match en retard contre Montpellier parvienne à enrayer cette série noire. Ancelotti et ses hommes eux peuvent garder le titre en ligne de mire, quitte à continuer à livrer des prestations approximatives en engrangeant suffisamment de points pour ne pas être décrochés. Après tout là est l’essentiel.

PS: Merci à Tahiti Cora pour cette superbe image

 

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